Lourdes : « les coups de cœur de Karine »

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La rubrique des « coups de cœur Karine » est une rencontre hebdomadaire sur le site de Lourdes Actu, proposée par la Médiathèque avec Karine Aristin Chargée de la culture.

Cette semaine elle vous propose « SAC D’OS  » de Stephen King

SAC D’OS

L’auteur : Stephen King, qui écrit aussi sous le pseudonyme de Richard Backman, né le 21 septembre 1947 à Portland, dans le Maine, est un maître inconditionné dans l’art de la terreur. D’ailleurs, beaucoup de ses romans ont pour décor cette région des Etats-Unis, où l’auteur a élu domicile, ladite région étant tout à fait propice au mystère par l’atmosphère que dégagent ses paysages.  King a écrit plus de 50 romans fantastiques, dont un certain nombre a reçu de prestigieux prix littéraires. Celui qui nous intéresse ici, s’intitule « Sac d’os » et a été porté à l’écran, avec comme acteur principal Pierce Brosnan. De plus l’ouvrage en question est le roman de King ayant gagné le plus de prix littéraires dont le prix locus du meilleur roman d’horreur, le prix Bram Stoker et le prix British Fantasy.

L’histoire :

Mickael Noonan, écrivain à succès, est frappé d’un deuil douloureux, à la suite du décès brusque d’une épouse qu’il adorait littéralement et avec qui il s’entendait à merveille. Son chagrin et sa solitude inextinguibles provoquent, en lui, une totale impossibilité d’écrire à nouveau le moindre début d’histoire. De plus, il se sent terriblement fragilisé, dans ses certitudes,  par le fait que Johanna, lui ait caché qu’elle attendait un enfant -chose dont il a eu connaissance par le biais des résultats de l’autopsie.

Ainsi, saturé de questions, et de doutes quant à la solidité de son couple, il va vivre durant quatre ans, un quotidien entaché d’affliction et d’un grand sentiment d’inutilité. A l’issue de cette période, après avoir épuisé son stock de manuscrits en réserve, et taraudé par son éditeur pour un prochain roman, Noonan décide de pallier le syndrome de la page blanche très préjudiciable à sa carrière d’auteur. Pour ce faire, il va réinvestir sa propriété de campagne : « Sara Laughs » au bord du lac Dark Score, dans laquelle il n’est jamais retourné depuis la mort de sa femme, mais qui devient de façon récurrente, le décor de certains de ses rêves, voire, pour être plus précise, de cauchemars. Peut-être, pense-t-il, le bocage de l’écrivain sera-t-il éradiqué s’il revient dans cet endroit.

A peine arrivé, il fait la connaissance d’une très jeune veuve -Matty Devory- et de sa petite fille qu’un richissime grand-père, magnat de l’informatique tout-puissant, n’a de cesse, depuis la disparition de son fils, d’arracher à sa bru par tous les moyens, des plus légaux aux plus sordides ; jusqu’à laisser vivre Matty et sa petite-fille dans la précarité. Mickael Noonan, horrifié par l’injustice qu’elle subit, va se sentir vivant, à nouveau, en s’investissant corps et âme pour la cause de cette jeune mère. Dans le même temps, l’écrivain s’aperçoit que certains cauchemars, subis dans l’intervalle des quatre années précédentes, commencent à revêtir un vernis de réalité assez inquiétant. Il finit même par réaliser que sa maison est bel et bien hantée, non seulement, par sa défunte femme, mais aussi par l’ancienne occupante de la propriété, Sara Tidwell, une chanteuse de blues du début du XXe siècle, et qu’une lutte sans merci semble engagée entre les deux esprits.

Du reste, Noonan va, à mesure que les langues des villageois du cru se délient, apprendre que Johanna, avant de mourir était, plusieurs fois, venue seule à « Sara Laughs » sans en parler à son époux, et qu’elle posait beaucoup de questions sur le passé de la maison. Ainsi, l’on découvre à mesure que se déroule le récit, qu’une corrélation ténue existe entre ce que vit l’écrivain relativement à son implication envers les déboires de Matty Devory et les recherches que menaient son épouse. Le passé et le présent vont se révéler intrinsèquement liés, pour former un dénouement stupéfiant.

Ce que j’ai aimé :

Encore une fois, King nous montre qu’il possède l’art de nous emmener aux confins de la peur, à partir de scènes tout à fait banales de la vie quotidienne, et qu’il distille le surnaturel avec un brio, à mon sens, inégalé.

Le texte, de plus, est très agréable à lire, ponctué d’un humour léger, inhérent au personnage de Mickael Noonan qui ne vient en rien gâcher les tensions dues aux événements auxquels sont confrontés les protagonistes.

A l’inverse, le contraste entre cet humour et la trame de l’histoire confère à la narration,  un relief, une vivacité et un rythme qui rendent la lecture très fluide. A mon sens, « Sac d’os » est le meilleur roman, à ce jour, de Stephen King.