Communiqué de presse du collectif 65 : Libération de Georges Ibrahim Abdallah

Communiqué de presse du collectif 65 : « Enfin justice est enfin faite !

Arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à la perpétuité pour complicité d’assassinats à la suite d’un procès politique criblé d’irrégularités. Le procureur avait réclamé 10 ans d’emprisonnement.

Georges Ibrahim Abdallah, le plus ancien prisonnier politique d’Europe, libérable depuis 26 ans allait bientôt entamer sa 42ème année d’incarcération.

Il aura donc fallu 11 demandes de libération conditionnelle pour que celle-ci soit enfin accordée après un appel du Parquet.

Par deux fois, alors que la justice avait décidé sa libération, les ambassades des États-Unis et d’Israël étaient intervenues (intervention d’Hillary Clinton auprès de Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères en 2013, rendue publique par Wikileaks) et avaient  obtenu des autorités françaises qu’elles le maintiennent en prison, révélant un véritable acharnement bien éloigné des principes d’universalité des droits humains dont la France se dit la représentation.

Cette décision du 17 juillet est intervenue après que les Etats-Unis soient à nouveau intervenus dans la procédure et que le Parquet ait invoqué une condition de repentir inexistante en droit Français.

Au niveau du collectif des Hautes Pyrénées pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah nous redoutions que le contexte international et la situation au Moyen Orient ne pèsent encore une fois fortement sur la décision judiciaire et que notre camarade ne soit à nouveau broyé par le poids de la raison d’Etat (une raison d’Etat dénoncée dans un article du Monde du 4 octobre 2024 : «Georges Abdallah, prisonnier à vie de la «raisond’Etat »).

C’est donc avec un immense bonheur que nous avons appris la nouvelle ce matin sur le coup de 9h30.

Alors, pour tous ses soutiens, tous les militants de base qui sont mobilisés depuis tant d’années alors que régnait un silence de plomb sur le sort de Georges, pour les parlementaires qui avaient pris sa défense (Andrée Taurinya, André Chassaigne, Sylvie Ferrer, Elsa Faucillon, Eric Coquerel, Rima Hassan,… 80 parlementaires avaient signé en juin 2024 une tribune de soutien) et les intellectuels comme Annie Ernaux, Robert Guédiguian, Frédéric Lordon, Lydie Salvayre…. qui avaient exprimé publiquement leur soutien, cette décision est un immense bonheur.

Nous avons à cette heure  une pensée particulièrement émue pour Suzanne Lemenceau, soutien indéfectible de la première heure, décédée le 14 septembre 2024 et qui aurait tant voulu vivre à nos côtés ces instants.

L’émotion est là, bien entendu, mais nous n’oublions rien de cet acharnement d’Etat à vouloir briser un homme qui est resté debout, et n’a cessé de combattre depuis sa cellule de 9 m2 la colonisation Israélienne et la politique impérialiste des USA, de dénoncer le génocide en cours en Palestine et les bombardements qui frappaient son pays le Liban.

A présent il s’agira pour la France et le Liban d’assurer la sécurité de Georges à l’heure de retourner dans son pays car nous ne savons que trop à quel point Etats-Unis et Israël sont passés experts dans les stratégies d’assassinats ciblés contrevenant à toutes les règles du droit international.

Georges Ibrahim Abdallah va enfin pouvoir retrouver les siens et ce n’est que justice.

La mobilisation pour la reconnaissance des droits du peuple palestinien, pour l’intégrité du  territoire Libanais, contre la colonisation et pour la condamnation des responsables génocidaires continue !