L’Union nationale des associations de Parents d’enfants inadaptés relance sa campagne nationale « J’ai pas école »

« À l’occasion de la rentrée scolaire 2025, l’Unapei relance sa campagne nationale #JaiPasEcole, pour rappeler une réalité alarmante : partout en France, des milliers d’enfants en situation de handicap restent encore sans solution de scolarisation adaptée.

L’ADAPEI des Hautes-Pyrénées s’associe pleinement à cette mobilisation et souhaite alerter sur la situation dans notre département. Malgré des avancées réelles, certains enfants sont encore aujourd’hui exclus de l’école de la République ou ne bénéficient que d’une scolarisation partielle, inadaptée à leurs besoins.

Communiqué de l’UNAPEI Rentrée scolaire 2025 – Campagne #JaiPasEcole 

« Il a 11 ans et seulement 9h d’école par semaine » : Des milliers d’enfants sans mode de scolarisation adaptée :
l’Unapei publie des chiffres inédits.

Paris, le 25 août 2025 – Cette année encore, des milliers d’enfants en situation de handicap ne feront pas leur
rentrée comme les autres. Pire : certains ne la feront pas du tout. Pour la 7e année consécutive, l’Unapei relance

JaiPasEcole et révèle une réalité chiffrée saisissante, issue d’une enquête menée auprès de plus de 3600 enfants accompagnés par le réseau. Les témoignages affluent sur www.marentree.org.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes
En l’absence de données officielles sur ces réalités méconnues et insuffisamment quantifiées, l’Unapei a mené une enquête auprès de ses associations membres dans toute la France. Les résultats sont sans appel :
38 associations ont répondu et représentent 3603 enfants (3 à 16 ans) inscrits au sein de leurs établissements et
dispositifs enfance :

-13% n’ont aucune heure de scolarisation par semaine.

-38% ont entre 0 à 6 heures de scolarisation par semaine.

-30% ont entre 6 à 12 heures de scolarisation par semaine.

19% ont plus de 12 heures de scolarisation par semaine.

-En juillet 2025, 65% d’entre eux n’avaient pas de numéro INE. Ils restent donc invisibles pour l’Education nationale.
Et, plus de 4 410 enfants sont inscrits sur les listes d’attente des 38 associations – soit davantage que les 3 603
enfants actuellement accompagnés dans leurs établissements et dispositifs enfance.

Dont 30 associations qui ont répondu pour 1462 enfants de 3 à 16 ans scolarisés en milieu ordinaire :

-38% d’entre eux ont une notification AESH.

-Sur 551 enfants ayant une notification AESH : 27% ont cette notification par défaut, en attendant un mode de scolarisation adapté (IME, ULIS …).

«Des promesses, il y en a. Des chiffres positifs aussi – 519 0001 en situation de handicap scolarisés en milieu
ordinaire à la rentrée 2024. Mais derrière, combien n’ont que des “bouts” de scolarisation ? Combien sont en
errance, ou sans solution du tout ? L’école inclusive ne doit pas devenir un dogme. Ce qui compte, c’est que chaque
enfant ait le mode de scolarisation adapté à ses besoins réels – qu’elle soit en école ordinaire ou en établissement
spécialisé. » explique Luc Gateau, président de l’Unapei.

Des droits bafoués, des enfants privés d’avenir
Scolarisation inadaptée, ruptures de parcours, manque de solutions et de professionnels : les conséquences sont
lourdes pour les enfants et familles. Les familles témoignent :

Des témoignages :
Scolarisation à temps partiel : «Léo entre en 6ème avec seulement 9 heures de cours par semaine, en maths et en
français. Il est curieux, vif, mais privé d’une vraie scolarité. Pas de place en ULIS. L’IME ? Pas adapté, et saturé lui
aussi. A 11 ans, il est déjà harcelé. Ses droits existent sur le papier, mais dans la réalité, c’est à nous de combler les
manques, en payant une éducatrice spécialisée. Comment construire son avenir ainsi ? » Clémentina, mère de Léo,
11 ans, porteur d’autisme et d’un trouble de l’attention avec hyperactivité (Haute-Savoie).

«Ma fille finit l’école à midi, sans cantine, sans AESH, alors qu’on s’était organisés pour qu’elle finisse à 15h. Nous
travaillons, mon mari et moi, et nous ne pouvons pas la garder l’après-midi. Il n’y a pas de coordination entre les
structures, et chaque retard, chaque liste d’attente, c’est une perte de chance pour nos enfants.» Maman de
Lamya, 12 ans, porteuse de trisomie 21 (Haut-Rhin).

Scolarisation inadaptée : «Après les difficultés de diagnostic, nous avons dû faire face aux difficultés liées à la
scolarisation. Cette année, Diego était scolarisé en petite section de maternelle. Il ne peut pas être scolarisé sans
AESH… mais elles n’étaient que deux pour accompagner six enfants autistes dans toute l’école. Diego n’a pu être
scolarisé que cinq heures par semaine, faute de moyens humains et matériels, et malgré la volonté de la directrice
de l’école. L’école n’est pas totalement adaptée pour lui. Les classes de 30 élèves, les néons vifs, tout cela reste
difficilement supportable. Pour la rentrée 2025, Diego reste dans la même situation. Je me demande où ira mon
fils à partir de la primaire ? Quelques écoles proposent des dispositifs ULIS, mais ce n’est pas forcément celle la plus proche qui nous sera proposée. Il y a aussi une UEE à 50 minutes de chez nous, ce n’est pas faisable…» Laura, mère de Diego, 3 ans et porteur d’autisme (Haute-Savoie).

«Depuis la petite section, Corentin a eu 7 AESH différentes. En maternelle, il passait sa vie au couloir, notamment
à cause des crises que personne ne souhaitait ou ne pouvait gérer. En février 2025, il a obtenu une place en IME.
Nous l’attendions depuis 6 ans. Cette année, il allait à l’IME une fois par semaine. A la rentrée prochaine, il ira deux
jours. Dans l’idéal, il faudrait qu’il y aille toute la semaine… La différence est flagrante. Je vois mon fils s’épanouir,
développer des apprentissages, aller à la bibliothèque…» Ludivine, mère de Corentin, 11 ans, porteur d’autisme
et non verbal (Eure).

Absence totale de scolarisation : «Gabrielle est autiste, épileptique, sans aucun mode de scolarisation pour sa
rentrée en 6e. Pas d’ULIS, pas d’AESH, pas d’IME. On jongle entre intervenants à domicile et accueils associatifs. Ce n’est pas l’idéal, mais on n’a pas le choix. On s’accroche, pour qu’elle avance.» expliquent les parents de Gabrielle, 12 ans (Loire-Atlantique).

L’Unapei exige une effectivité des droits
«Malgré les promesses et ambitions du gouvernement, ces chiffres révèlent les limites d’un système en tension, où
les suppressions de postes spécialisés, les difficultés de recrutement, la formation insuffisante des enseignants et
des AESH, viennent contrer les objectifs affichés. L’inclusion des élèves en situation de handicap implique de
connaître leurs besoins et de réunir les conditions nécessaires à leur accueil, notamment en termes d’accessibilité
et de compensation, à l’école ou au sein de dispositifs spécialisés.» ajoute Luc Gateau.

L’Unapei appelle les pouvoirs publics à :

-Garantir une solution adaptée pour chaque enfant, pas une réponse par défaut.

-Recruter et former plus de professionnels (enseignants, AESH).

-Faciliter la participation des élèves en situation de handicap à tous les temps de l’école (cantine, récréation, activités péri et extrascolaires…).

-Fournir le matériel adapté pour apprendre dans de bonnes conditions.

-Rendre l’école accessible, dans le bâti comme la pédagogie.

-Soutenir les établissements spécialisés, essentiels dans de nombreux parcours.

-Renforcer la coopération école – médico-social – familles.

Pour l’Unapei, l’école ne doit pas être uniforme. Elle doit être juste et adaptée à chaque enfant. »

A propos de l’Unapei
Mouvement citoyen de 900 000 personnes en situation de handicap, familles, amis, professionnels et bénévoles, l’Unapei œuvre depuis 60 ans, pour que les personnes en situation de handicap intellectuel et cognitif (Troubles du NeuroDéveloppement dont notamment le Trouble du Développement Intellectuel et le Trouble du Spectre de l’Autisme), en situation de handicap psychique ou de polyhandicap accèdent aux mêmes droits que tous.
L’Unapei s’engage pour une société solidaire, ouverte à tous et respectueuse des différences et du libre-choix des
personnes concernées. Son réseau de 350 associations membres innove sur tous les territoires et construit des solutions d’accompagnement évolutives et adaptées à chaque étape de la vie des personnes en situation de handicap pour agir contre l’isolement et l’exclusion sociale. Chaque année 15 000 enfants naissent avec un handicap intellectuel dont la moitié avec des déficiences sévères. L’Unapei est habilitée à recevoir des legs, donations et assurances-vie
http://www.unapei.org/

L’ADAPEI des Hautes-Pyrénées relaie la campagne #JaiPasEcole : des enfants encore privés de scolarisation adaptée dans notre Département

Tarbes, le 28 aout 2025, À l’occasion de la rentrée scolaire 2025, la Présidente Evelyne LUCOTTE-ROUGIER et les administrateurs de l’ADAPEI des Hautes-Pyrénées s’associent pleinement à la campagne nationale #JaiPasEcole lancée par l’UNAPEI NATIONAL.

Cette mobilisation rappelle une réalité alarmante : partout en France, des milliers d’enfants en situation de handicap n’ont pas accès à une scolarisation adaptée à leurs besoins.

Dans les Hautes-Pyrénées, nous devons reconnaître des avancées réelles. Grâce à l’engagement des services de l’État, de l’Éducation nationale et de nos partenaires, beaucoup d’efforts ont été entrepris pour développer l’école inclusive et trouver des solutions. Mais la réalité est que, malgré ces progrès, des enfants restent aujourd’hui encore mis de côté.

Pour une association parentale militante comme la nôtre, il est impossible de rester silencieux face à cette injustice. Les droits de chaque enfant doivent être respectés, sans exception. Derrière chaque chiffre, il y a des enfants et des familles qui se battent pour une scolarisation digne, adaptée et épanouissante.

L’ADAPEI des Hautes-Pyrénées appelle donc à :

• Garantir pour chaque enfant une solution de scolarisation réellement adaptée, et non une réponse minimale ou par défaut.

• Renforcer les moyens humains : enseignants spécialisés, AESH formés et en nombre suffisant.

• Améliorer la coopération entre école, médico-social et familles, afin d’éviter ruptures et exclusions.

Parce qu’aucun enfant ne doit rester sans école, l’ADAPEI des Hautes-Pyrénées continuera de porter cette parole, aux côtés des familles, pour construire une école réellement inclusive et respectueuse des besoins de chacun. Chaque enfant porteur d’un handicap a le droit d’accéder à l’école de la république, et non pas uniquement les élites !