En ce début d’octobre, Lourdes accueille l’important pèlerinage du Rosaire. Pas moins de 17 000 pèlerins participent à ce grand rendez-vous spirituel annuel, soit davantage que la population lourdaise elle-même. Un afflux qui justifie d’importantes mesures de sécurité : levée des bornes de sécurité et rues fermées à certaines heures d’affluence, et pour les automobilistes la contrainte de chercher des solutions de stationnement bien plus éloignées.
Parmi les rares rues gratuites très convoitées de stationnement en zone touristique, on retrouve la rue du docteur Boissarie, bien connue des riverains et surtout des saisonniers qui travaillent dur pour la réussite de ce dernier grand rassemblement de la Saison. Sauf que vendredi prochain 3 octobre, en plein cœur du pèlerinage, la Mairie a choisi d’y interdire le stationnement… pour cause de désherbage.
Certes, l’entretien des rues de la ville est indispensable. Mais le calendrier interroge : programmer ce type d’opération précisément au moment où Lourdes accueille des milliers de visiteurs, c’est un peu comme si l’on décidait de faire le grand ménage… pendant que les invités sont déjà dans le salon. En général, quand on reçoit du monde, on nettoie avant, pour que la maison soit accueillante. Pas au milieu du repas, en demandant aux convives de se pousser avec leur assiette pour passer l’aspirateur.
Pour les pèlerins de passage dans la rue, la lecture des panneaux d’interdiction est un épisode incongru qui peut prêter à sourire. Mais pour ceux qui vivent et travaillent ici, saisonniers comme riverains, la situation tourne au casse-tête. Se garer dans le secteur touristique devient chaque jour plus compliqué, entre tous les parkings devenus payants, les zones réduites, les rues bloquées… le désherbage !
Au final, si accueillir les pèlerins est une mission, il ne faut pas non plus oublier ceux qui sont sur place : les Lourdais, les riverains, les saisonniers – c’est sans doute là la vraie priorité.
S. P
