Ou comment le maire sortant de Lourdes a préféré la précipitation à la sérénité.
Hier matin 12 novembre, Thierry Lavit a tenu une conférence de presse express, sept minutes montre en main, pour annoncer qu’il serait candidat à sa propre succession. Pas de grand discours, pas de souffle, juste le strict minimum : “Je repars.” Un maire pressé, très pressé.
Le plus savoureux, c’est le timing.
Traditionnellement, les maires sortants attendent le dernier moment pour se déclarer.
Pourquoi ?
Parce qu’une fois officiellement candidats, leurs marges de manœuvre se réduisent. Ils ne peuvent plus inaugurer, communiquer ou multiplier les annonces municipales sans risquer d’être accusés de confusion entre action publique et campagne électorale. En somme, ceux qui sont sûrs d’eux attendent. Les autres se précipitent.
Et là, surprise, à peine a-t-il appris qu’une autre liste devait se déclarer le 21 novembre, que Thierry Lavit a bondi sur le micro pour dégainer son annonce. Comme s’il redoutait de ne pas être le premier. Un réflexe d’ego ou un petit coup de panique ? Dans les deux cas, cela ne respire pas la sérénité.
Car un maire confiant dans son bilan aurait pu dire calmement :
“Beaucoup d’agitation, beaucoup de rumeurs, moi je reste concentré sur ma mission, je continue à travailler pour Lourdes. Le moment venu, je me présenterai, sereinement.”
Mais non. À Lourdes, le choix a été fait d’annoncer vite, avant tout le monde, comme si le simple fait de ne pas ouvrir le bal était insupportable.
Ce genre de précipitation en dit souvent long. Quand on est sûr de son cap, on ne s’agite pas. Et quand on se déclare aussi tôt, c’est rarement signe de confiance tranquille.
Alors oui, Thierry Lavit aura eu le mérite d’être le premier à se lancer. Mais parfois, dans une course politique, partir trop tôt, c’est surtout montrer qu’on a peur d’être dépassé.
S. P.

