Dernièrement dans les locaux de Radio Présence à Lourdes s’est tenue une Conférence de presse pour alerter l’opinion publique sur le projet de loi de finances 2026 qui menace l’existence même des radios associatives.
David Torchala de Radio Présence, Jean-Marc Courrèges Cénac d’Atomic Radio, Ludovic Roif de Radio Fréquence Luz, directeurs des radios de territoire sur les Hautes-Pyrénées, ont donné des explications.
Le Gouvernement prévoit en effet une baisse de 44 % du FSER, le Fonds de soutien à l’expression radiophonique, qui passerait de 35,3 à 19,6 millions d’euros (somme qui permettait de maintenir les 770 radios locales associatives des territoires dont ces subventions représentent de 40 à 60% de leur budget).
Alors on peut s’interroger pourquoi avoir besoin de ce fonds alors que ces radios pourraient se servir de la publicité pour leur financement. Malheureusement la loi prévoit que la publicité ne peut dépasser 20 % de leurs revenus, pour ne pas gêner les grandes radios commerciales.
Jean-Marc Courrèges-Cénac souligne « qu’avec cette coupe, près de 2 400 emplois sont menacés sur les quelque 3 000 emplois que comptent les radios associatives en France. Nous sommes le deuxième employeur du secteur radiophonique, juste derrière le service public. Des centaines de médias de proximité risquent de disparaître. Or dans beaucoup de zones rurales, la radio associative est le seul média local. Sans elles, c’est un lien social qui s’éteint ».
Maintenir ce fonds permettrait de continuer à assurer la pluralité, de soutenir les radios de proximité et d’éviter la concentration des médias, dangereuse pour la démocratie.
Dans les Hautes-Pyrénées, les radios associatives jouent un rôle essentiel dans l’animation et la cohésion des territoires. Chacune a sa couleur : Radio Présence à vocation généraliste et oecuménique ; Radio Luz centrée sur la la montagne et la culture ; Atomic Radio, tournée vers la musique pop-électro et les jeunes publics. Elles satisfont donc des publics différents de notre territoire et sont complémentaires, des voix locales qui risquent de se taire.
Face à cette situation, les radios associatives se mobilisent. Un rendez-vous a été demandé à la Ministre de la Culture, Rachida Dati. Les représentants du secteur ont également sensibilisé les élus locaux et nationaux : maires, députés et sénateurs qui leur apportent déjà et souvent leur soutien.
Ils appellent aujourd’hui leurs auditeurs et les haut-pyrénéens à se mobiliser et à les soutenir.
Ils demandent dans le moins pire des cas le maintien de l’enveloppe actuelle du FSER, et de faire intervenir des budgets d’autres Ministères comme celui de la Ruralité, l’Action sociale ou l’Éducation nationale, en lien avec les actions sur le terrain de leur radio respective.
Madeleine NAVARRO


