Campagne municipale à Lourdes : une violence numérique qui interroge !

Depuis plusieurs semaines, un climat singulier s’installe autour de la campagne municipale à Lourdes.
Sur les réseaux sociaux, les attaques, moqueries, caricatures et insinuations visant les membres de la liste Gérald Capel « Lourdes, un nouveau souffle » se multiplient à un rythme soutenu.

Un constat s’impose : ces publications émanent exclusivement de soutiens revendiqués du maire sortant, Thierry Lavit.
Il ne s’agit pas ici de remettre en cause la liberté d’expression, ni d’affirmer une quelconque organisation concertée. Mais la répétition, la virulence et l’unilatéralité de ces attaques posent question.

Une violence toujours à sens unique

À ce jour, aucune publication équivalente, aucune moquerie systématique, aucune campagne de dérision n’a été observée de la part de l’équipe de Gérald Capel à l’encontre des candidats du maire sortant.

Les premiers noms présentés par la majorité municipale, pourtant parfois déjà élus, parfois sortants, parfois détenteurs de mandats antérieurs, n’ont fait l’objet d’aucune caricature ni attaque personnelle.
À l’inverse, chaque présentation de candidat issue de la liste Lourdes, un nouveau souffle semble immédiatement suivie d’une vague de commentaires dégradants.

Or, nombre de ces colistiers sont des citoyens qui s’engagent pour la première fois.
Sur quelle base sont-ils ainsi ridiculisés, salis, parfois même déshumanisés ?

Le maire sortant face à ses soutiens : une question légitime

Il est important de le rappeler clairement : rien ne permet d’affirmer que le maire sortant est à l’origine ou l’organisateur de ces attaques.
Mais une autre question, tout aussi légitime, demeure : qu’en pense-t-il ?

Car ces attaques sont portées par ceux qui le soutiennent le plus ouvertement, avec une intensité qui interroge.
Le silence du candidat-maire face à ces pratiques devient alors un sujet politique en soi.
Un élément interpelle plus particulièrement : l’implication très active d’au moins une personne entretenant un lien de subordination avec le candidat.

Bien entendu, les agents territoriaux, comme tout citoyen, disposent d’une liberté d’expression.
Mais lorsque cette expression devient quotidienne, militante, agressive, et qu’elle vise exclusivement une liste concurrente, la question du droit de réserve se pose inévitablement, surtout dans un contexte électoral.

Il ne s’agit pas d’accuser, mais de s’étonner :
cette situation est-elle compatible avec l’exigence de neutralité attendue dans la fonction publique locale ?

La campagne officieuse : validée ou subie ?

Autre interrogation : le directeur de campagne de la liste du maire sortant, jeune, aguerri aux réseaux sociaux, très présent dans l’espace public, est-il informé de ces pratiques ?
Les valide-t-il ? Les encourage-t-il ? Ou les subit-il ?

Car si la campagne officielle affiche des visuels soignés, des messages policés et un discours apaisé, l’arrière-cour numérique, elle, renvoie une image bien différente.

Les candidats de la majorité municipale sont-ils réellement à l’aise avec cette violence exercée en leur nom, même indirectement ?

Sérénité ou fébrilité ?

Un autre paradoxe interroge profondément.
Si, comme certains soutiens l’affirment, l’issue du scrutin serait acquise d’avance, pourquoi mobiliser une telle “armada numérique” contre une liste présentée comme marginale ?

Ce déploiement de moyens traduit-il une grande sérénité ou, au contraire, une forme de fébrilité face à une équipe perçue comme crédible et compétente ?

Une démocratie locale fragilisée

Ce climat n’est pas sans conséquence.
Il peut décourager des citoyens de s’engager, mais aussi éloigner les électeurs des urnes, dans un contexte où l’abstention atteint déjà des niveaux préoccupants.

Beaucoup de Lourdaises et de Lourdais écoutent, comparent, réfléchissent.
Mais voir la politique se transformer en arène de dénigrement peut aussi écœurer durablement de la vie démocratique.

Des responsables institutionnels à interpeller ?

Lors de sa venue à Tarbes, le président du Sénat Gérard Larcher, devant l’Association des maires de France des Hautes-Pyrénées, rappelait avec force son soutien aux élus et aux candidats, face à la montée des violences, notamment numériques.

À la lumière de ce qui se passe à Lourdes, faut-il alerter ces instances nationales ?

Une question démocratique, pas partisane

Cet article n’est pas une prise de position électorale.
Il pose une question démocratique essentielle :

Peut-on encore se présenter librement à Lourdes sans être pris pour cible sur les réseaux sociaux ?
La compétition politique doit-elle passer par l’humiliation et la peur ?

Les Lourdais sont parfaitement capables de se forger leur propre opinion.
Encore faut-il que le débat leur soit proposé dans un cadre respectueux, équitable et digne.

J.P.C