Les chiffres ont ceci d’intéressant qu’ils parlent d’eux-mêmes. Les dernières données officielles de l’Insee permettent de comparer, sans polémique, l’évolution démographique des trois principales villes des Hautes-Pyrénées : Tarbes, Lourdes et Aureilhan.
Le constat est clair : les trajectoires divergent.
Les chiffres officiels Insee (population municipale)
(populations de référence les plus récentes, en vigueur depuis le 1er janvier 2025)
Tarbes
- 2010 : 43 034
- 2015 : 41 971
- 2022 : 44 399
Lourdes
- 2010 : 14 743
- 2015 : 13 946
- 2022 : 13 266
Aureilhan
- 2010 : 7 950
- 2015 : 7 783
- 2022 : 8 033
Tarbes : un pôle qui capte la dynamique
Avec plus de 44 000 habitants, Tarbes confirme son rôle de moteur démographique départemental. Après un léger creux au milieu des années 2010, la ville a non seulement rattrapé son retard, mais elle progresse désormais nettement. Cette croissance s’inscrit dans un mouvement plus large qui bénéficie aussi à plusieurs communes de l’agglomération.
Aureilhan : une progression discrète mais continue
Troisième ville du département, Aureilhan affiche une évolution plus modérée, mais positive. La commune a franchi le cap des 8 000 habitants, retrouvant et dépassant son niveau du début des années 2010. Une hausse contenue, mais significative dans un département marqué par un solde naturel négatif.
Lourdes : une trajectoire différente
À l’inverse, Lourdes suit une courbe descendante depuis plus d’une décennie. La ville a perdu près de 1 500 habitants depuis 2010, sans phase de rebond notable. Elle demeure la deuxième commune des Hautes-Pyrénées, mais son poids démographique s’érode progressivement.
Le Covid, une explication qui ne suffit pas
La crise sanitaire est parfois évoquée pour expliquer cette évolution. Pourtant, la comparaison entre les trois villes invite à nuancer fortement cette lecture. Si le Covid était la cause principale, ses effets auraient été comparables sur l’ensemble du territoire. Or, Tarbes progresse, Aureilhan avance, tandis que Lourdes recule sur la même période. La tendance lourdaise est d’ailleurs engagée bien avant 2020.
Une question de diffusion de l’attractivité
Sans chercher à désigner des responsabilités, ces chiffres suggèrent une réalité simple : l’attractivité démographique ne se diffuse pas partout de la même manière. Certains territoires parviennent à capter les flux migratoires positifs, d’autres moins. La démographie devient alors un indicateur parmi d’autres, emploi, logement, services, cadre de vie pour mesurer la vitalité d’un bassin de vie.
À ce stade, il ne s’agit pas de comparer des villes qui n’ont ni la même taille ni les mêmes fonctions. Mais la lecture croisée des chiffres montre clairement que Tarbes et Aureilhan s’inscrivent dans une dynamique positive, quand Lourdes regarde passer la croissance ailleurs. Un signal discret, mais durable, qui mérite d’être observé attentivement.

J.P.C
