Josette Bourdeu : “Il est temps de remettre l’église au centre du village”

L’ancienne Maire de Lourdes, Josette BOURDEU, a récemment tenu une Conférence de presse afin de répondre aux critiques formulées à son encontre concernant la gestion financière de la Ville.

Après plusieurs années de silence public depuis la fin de son mandat, elle revient en détail sur les chiffres budgétaires, le désendettement, la capacité d’autofinancement, l’évolution des dépenses de fonctionnement ainsi que sur plusieurs projets structurants. Elle conteste les éléments avancés par l’actuelle majorité et affirme vouloir «remettre les choses à leur place» à travers une analyse appuyée sur les données publiées par la DGFIP.

Nous publions ci-dessous l’intégralité de ses réponses, organisées par thématiques, afin de permettre à chacun de se faire sa propre opinion.

« Je ne me suis pas exprimée publiquement depuis la fin de mon mandat en juin 2020. Cela me semblait normal : en politique, il faut savoir laisser la place à l’alternance.

Je me suis donc abstenue de tout commentaire pendant six ans. Et j’ai cultivé mon jardin… au sens propre comme au figuré. J’ai respecté le choix des Lourdais : c’est ainsi que fonctionne la démocratie, et c’est une très bonne chose. Pour ma part, je suis passée à tout autre chose après une vingtaine d’années consacrées à l’engagement public.

Alors pourquoi parler aujourd’hui ? Parce que les attaques récentes dont j’ai fait l’objet ne sont pas acceptables et reposent sur des affirmations inexactes.

En 2020, Thierry Lavit a prétendu que j’avais laissé les finances de la Ville dans un état catastrophique et sans aucun projet. Ces accusations sont fausses, pourtant il continue à les répéter aujourd’hui dans le but de détourner les regards de son propre bilan. De quoi a-t-il donc si peur ?

J’ai beau bien connaître Thierry, qui a été mon lieutenant pendant une douzaine d’années lorsque nous étions dans l’opposition et au sein du Parti Radical de Gauche, je suis assez surprise de l’entendre ressasser ce genre de propos.

Qu’il ait été élu sur ces affirmations était déjà regrettable. Mais qu’il les répète en 2026 pour tenter de se faire réélire, en avançant des chiffres totalement fantaisistes ou en s’arrogeant des mérites qui ne lui reviennent pas, c’est trop. Et cela témoigne du peu de considération qu’il porte aux Lourdais.

Sait-il seulement que je ne suis candidate à rien ? Que je ne demandais rien ? Que nous sommes en 2026 et non en 2020 ? C’est à croire que je lui manque…

Ce sont précisément ces propos mensongers qui me poussent aujourd’hui à prendre la parole, alors que je m’étais tenue volontairement en retrait. Il est temps de remettre les choses à leur place et de mettre fin à ces contrevérités en apportant les clarifications nécessaires.

Les Lourdais ont le droit de connaître la vérité. Et de voter en connaissance de cause. »

Après six ans de silence, Josette Bourdeu reprend la parole

Après six années de silence et de retrait de la vie publique, l’ancienne maire de Lourdes prend la parole. Face aux accusations répétées de Thierry Lavit concernant l’état des finances de la ville en 2020, elle dénonce des affirmations  » inexactes  » et  » mensongères « , et affirme qu’il est temps de remettre les choses au clair.

« La vérité est simple : non seulement j’ai engagé le redressement des finances de la Ville, mais depuis lors, c’est bien la gestion actuelle qui a fragilisé la situation financière de Lourdes.

En jouant sur les mots, le maire sortant tente de faire croire qu’en baissant la dette, il aurait « enrichi » la Ville. Or le budget d’une commune ne fonctionne pas ainsi. La gestion financière ne se résume pas à un seul indicateur.

Je me suis personnellement beaucoup investie sur les questions budgétaires. Soit il n’a toujours pas compris les mécanismes financiers d’une collectivité, soit il entretient volontairement la confusion. Chacun appréciera. Mais vouloir se présenter aujourd’hui comme un gestionnaire économe et avisé ne suffit pas à le devenir.

Être un bon gestionnaire, c’est d’abord : être capable de dégager de l’épargne à partir de sa gestion courante ; ne pas tout dépenser, afin de conserver des marges pour financer les investissements futurs.

Or c’est précisément là que se situe le problème. Les dépenses de fonctionnement ont fortement augmenté – près de +25 % sur les charges de personnel durant le mandat. Une telle progression est préoccupante. À force de tout dépenser, la Ville ne dégage plus suffisamment d’épargne.

Et lorsque les résultats se dégradent, les banques deviennent plus réticentes à prêter, ou le font à des conditions moins favorables. Cela limite mécaniquement la capacité à recourir à l’emprunt.

Il dit : «Je n’ai pas fait de nouveaux emprunts.»
Évidemment. Lorsqu’on ne dispose plus de marges financières suffisantes, on n’en a tout simplement plus les moyens.

Les chiffres que j’avance sont ceux publiés par la DGFIP. Ils sont publics, accessibles à tous les citoyens qui souhaitent consulter la situation réelle des finances de la Ville de Lourdes. Ils ne relèvent ni d’une interprétation hasardeuse ni d’un document de campagne. »

« Je rappelle les faits : c’est moi qui ai amorcé le désendettement. Moins 6 % de l’encours en 2019 ; moins 4 % en 2020 (hors intégration des 4 millions d’euros liés à l’eau et à l’assainissement).

En 2018, j’ai également procédé au compactage de la dette, ce qui a bénéficié directement à mon successeur. Mais surtout, j’ai rétabli la capacité d’autofinancement de la Ville.

Car le cœur du sujet est là : si vous remboursez votre dette mais que vous cessez d’épargner pour l’avenir, vous affaiblissez progressivement vos finances. À terme, vous vous condamnez à devoir emprunter de nouveau pour financer vos projets.

L’épargne d’une commune, c’est ce qui reste des recettes – fiscales et des dotations de l’État – une fois les dépenses courantes payées. C’est cette épargne qui permet d’abord de rembourser le capital de la dette, puis de financer les investissements.

Or, sous le mandat actuel, après remboursement du capital, la Ville a enregistré un déficit supérieur à un million d’euros pendant plusieurs exercices. Quant à 2025, l’absence de communication détaillée ne permet pas d’être rassuré.

La réalité budgétaire ne se décrète pas. Elle se mesure. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. »

Thierry Lavit se dit pourtant «économe et prudent» ?

« C’est bien simple : dès sa première véritable année d’exercice, en 2021, Il a replongé la Ville dans le rouge. Et qu’on ne me dise pas que c’est le Covid qui en est la cause : c’est moi qui ai dû affronter la crise sanitaire en 2020, avec la chute brutale des recettes, notamment via la taxe de séjour. Et pourtant, le budget 2020 que j’avais préparé a tenu la route et a maintenu la situation en positif.

La chute de la capacité d’autofinancement (CAF) de Lourdes a commencé à partir de 2021. En 2022 et 2023, le déficit net de la CAF a atteint 1 million d’euros. Un record depuis 2013-2014. Rien à voir avec le Covid, simplement de la mauvaise gestion. »

Mais pourquoi une telle dégradation des comptes ?

Un point essentiel : il y a un vrai problème de transparence des chiffres de la part du maire sortant.
Celui-ci s’est dispensé de faire voter le compte administratif 2025 contrairement à moi qui avais présenté celui de 2019 en février 2020 pour éclairer le débat public en toute clarté.

Résultat : les chiffres officiels de 2025 ne sont pas connus. Et pourtant, Thierry en diffuse certains à sa guise, souvent arrangés dans son sens. Normalement il ne peut pas présenter des chiffres connus de lui seul : cela rompt l’égalité entre les candidats. Les chiffres doivent être officiels et votés, ou ils ne sont pas.

Pire encore : si ces chiffres n’ont pas été validés par la DGFIP, ils proviennent alors de l’administration. Cela supposerait quelle ait été sollicitée pour préparer des supports électoraux pour Thierry. Une situation très grave, qui dépasse largement le simple débat budgétaire. »

« Ça, c’est effectivement le pompon de toutes ses manipulations. Le candidat Lavit affirme avoir investi deux fois plus que moi pendant mon mandat. C’est affiché en première page de son programme et présenté comme un chiffre clé !

Qui peut croire à un mensonge aussi éhonté ? C’est de la manipulation. Il suffit de regarder les chiffres – tous les chiffres – pour s’en rendre compte.

Selon lui, il aurait réalisé 42 M€ d’investissements pendant son mandat, laissant entendre qu’il s’agit de travaux. Ce qu’il oublie de dire, c’est qu’il inclut dans ce chiffre le remboursement en capital de la dette, ce qui n’a absolument rien à voir avec de l’investissement réel, mais a bien l’avantage de grossir le total et d’impressionner le lecteur.

En revanche, il omet de comptabiliser ce même remboursement pour mon mandat. Si l’on applique sa méthode, le montant des investissements durant mon mandat est en réalité supérieur : 43,5 M€.

Et parlons sérieusement : pour les dépenses d’équipement, c’est-à-dire les travaux réels, là encore mon mandat dépasse le sien : 26,5 M€ contre un peu plus de 25 M€ pour lui. Une nouvelle fois, le mensonge est flagrant.

Au final, contrairement à ce qu’affirme Thierry : non seulement il n’a en aucun cas investi le double, mais il a investi moins que moi sur la même période.

Comble de l’absurde : il déforme la réalité en affirmant que je n’ai dépensé que 600 000 € pour l’église du Sacré-Cœur, alors que j’ai en réalité assumé sous ma mandature plus du double. j’ai pris à bras le corps les travaux dès le départ, y compris dans leur phasage et leur financement, tandis qu’il ne s’est contenté que de les terminer par la suite, et encore, pas jusqu’au bout. »

« Là encore, entre autres chiffres fantaisistes, le maire sortant prétend avoir fait tomber une pluie d’or sur la ville de Lourdes, avec des subventions comme on n’en aurait jamais vues. La réalité ? Les subventions d’investissement réellement perçues par la Ville de Lourdes de 2014 à 2019 s’élèvent à 7,7 M€, et de 2020 à 2024 à 6,6 M€. Pour 2025, le chiffre dépendra, semble-t-il, du bon plaisir du maire sortant de les annoncer ou pas. Mais, c’est un peu tard.

Quoi qu’il en soit, le total reste du même ordre : pas de miracle Lavit ! »

« Durant mon mandat, la moyenne annuelle des dépenses de fonctionnement était de 25,7 M€. De 2020 à 2024, elle est passée à 28,11 M€, avec une très forte hausse entre 2022 et 2023. Rien ne peut expliquer de tels résultats si ce n’est une perte totale de la maîtrise des comptes.

Entre 2020 et 2024, et probablement pire en 2025, les dépenses de gestion courante ont fortement augmenté : on est passé de 24,75 M€ par an en début de mandat à presque 30 M€ par an en fin de mandat. Cela est d’autant plus incompréhensible que l’activité du Golf a été sacrifiée – au détriment de l’attractivité de la Ville – alors même que cette fermeture aurait dû générer une économie substantielle. Qu’est-il advenu de tout cet argent ?

La progression de près de 25 % des dépenses de personnel ne se justifie pas. Il n’y a pas de nouvelles compétences, et même moins, avec le transfert de l’eau et de l’assainissement à l’agglo en 2020 ou l’arrêt d’activité du Golf.

Pire encore, on observe des doublons avec l’agglo, comme un nouveau service d’urbanisme ou un service lié à la transition écologique, alors que ces compétences sont désormais obligatoirement intercommunales.

Ce sont des dépenses injustifiées et inconsidérées. Pour quelle efficacité ? L’embauche systématique peut servir à se construire une image ou consolider des amitiés, mais à quel prix ? Celui de l’argent des Lourdais. »

Peut-on parler de bonne gestion quand les résultats comptables se dégradent ?

« On peut surtout parler d’un beau gâchis ! Et cela alors que j’avais donné une nouvelle respiration au budget de la Ville. C’est moi qui avais lancé le désendettement, dont Thierry a ensuite profité sans le dire. La dette avait commencé à baisser dès 2019, ce qui n’était pas arrivé depuis dix ans. Le léger rebond de 2020 vient seulement des 4 M€ liés à l’eau et à l’assainissement.

J’avais aussi réduit le service de la dette (les intérêts payés chaque année) grâce au compactage de 2018, prévoyant une économie progressive de 200 000 € par an. Thierry en a également bien profité. Merci qui ?

Mais, cette marge budgétaire a été immédiatement absorbée par la hausse des dépenses. On est loin du « un euro dépensé est un euro réfléchi et justifié » proclamé par le maire sortant.

Alors que j’avais redressé le résultat comptable à plus de 2 M€ par an (2,3 M€ en 2019 et 2,55 M€ en 2020, malgré le Covid), le mandat actuel a vu ce résultat se dégrader. »

« D’abord, et je le sais bien en tant qu’ancienne maire de Lourdes : une banque ne prête que si vous pouvez justifier de bons chiffres, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. On ne prête pas à quelqu’un qui n’a pas d’épargne, autrement dit d’apport. Donc, impossible pour lui d’emprunter.

La deuxième raison est tout aussi édifiante : qui a laissé près de 9 M€ en fonds de roulement en 2020 ? Moi ! J’ai bataillé auprès de l’agglo et fait voter, contre l’avis de tous, le rapatriement à Lourdes des excédents de l’eau et de l’assainissement.

Certes, ce fonds de roulement n’a pas financé directement les investissements, mais il a permis d’absorber les déficits cumulés de gestion. En 2020, j’avais laissé 8,87 M€, alors qu’en 2024, il n’était plus que de 5 M€. Quant à 2025, on ignore encore le chiffre. »

« Concernant la vente des bancs de la Grotte, j’avais instauré un cadre qui préservait l’intérêt de la Ville et donc des Lourdais. Thierry en s’y opposant en a fait un argument de campagne. À quel prix ? Il a fait voler en éclats ce cadre pour ensuite continuer la vente de ces bancs mais à des prix beaucoup trop bas, faisant ainsi perdre énormément d’argent aux Lourdais.

Si l’on prend uniquement les ventes de 2023, la différence entre l’évaluation de 2019 et le prix effectif de vente des dix bancs est d’environ 900 000 €.

Tout cela a été présenté comme de la concertation, mais il s’agissait surtout de complaisance. Je le répète : mon objectif était clair : la vente devait être faite dans l’intérêt de la Ville. Si les travaux étaient trop coûteux, mieux valait vendre à leur juste valeur, en équilibrant loyers perdus et produit des cessions.

Thierry, en voulant faire à sa manière, a raté le calcul économique : il a vendu trop bas ; il a renoncé aux loyers futurs ; la Ville a perdu à la fois le capital et les revenus potentiels. Un appauvrissement de plus pour la Ville.

On voit ainsi que le maire sortant fait systématiquement l’inverse de ce qu’il faudrait. »

« Oui, effectivement. L’argent qu’il a dilapidé tout en prétendant être économe se retrouve à tous les niveaux.

Prenons l’exemple du pont Peyramale : j’avais budgété la dépense, inscrit les subventions, payé les études et les architectes, et lancé le marché de construction. Ce pont devait être inauguré en juin 2021, comme annoncé au conseil municipal de mai 2020.

Thierry a tout arrêté, simplement pour marquer son arrivée, et a jeté par la fenêtre tout l’argent déjà investi en dénonçant les marchés conclus. Cinq ans plus tard, le pont est enfin construit, et il a coûté presque le double. Jolie gestion, en effet. Idem pour la crèche : tout défaire pour refaire plus cher et beaucoup plus tard, avec argent et temps perdus. Les maires du Simaje apprécieront !

Les millions gaspillés se retrouvent aussi sur la place Peyramale : une négociation minimale, des responsabilités reportées sur la Ville, une très mauvaise affaire qui a fait perdre non seulement des millions de compensations mais aussi une opportunité de sécuriser durablement le parking.

Cette négociation n’aurait même pas été possible sans mon action : j’avais ouvert un contentieux qui plaçait l’opérateur privé en position délicate et prêt à discuter. Mais pour obtenir si peu, ce n’est vraiment pas un exploit. »

« Sur les dépenses de personnel, 3 M€ supplémentaires ont été dépensés sur le mandat, mais pour quel résultat ?

Plus de 20 personnes ont été embauchées, mais les moyens ont-ils été placés là où c’était nécessaire ? On peut légitimement s’inquiéter qu’une ville comme Lourdes n’ait actuellement ni DGS, ni DGST, ni même un directeur financier. Beaucoup d’argent est dépensé, mais pas au bon endroit, et dans le même temps, Thierry prétend faire des économies en personnel. Il ne faut pas faire d’économies sur les impératifs techniques, et les comptes commencent à en témoigner.

Sous ce mandat, le minimum a été fait pour les catégories C, tandis que certains cadres de catégorie A, notamment de direction, ont retrouvé un niveau très élevé déjà épinglé par la Chambre Régionale des Comptes à la fin du mandat de mon prédécesseur.

Au vu de la progression de la masse salariale et de certaines orientations, c’est exactement le même type d’évolution à laquelle nous assistons ici, et l’on a vu à quel point il a été difficile de s’en relever. »

« En effet, il y a eu beaucoup d’annonces, beaucoup de communication, mais une situation financière qui n’a cessé de se dégrader. Derrière les effets d’affichage, les comptes, eux, parlent.

Comme au niveau national, on promet la rigueur et la maîtrise, mais on laisse filer les dépenses. On accuse les prédécesseurs pour masquer les dérives présentes. C’est une méthode : déplacer la responsabilité plutôt que d’assumer les résultats.

Les finances de Lourdes sont aujourd’hui sur une pente dangereuse. Faire croire le contraire relève de l’arrogance ou de la manipulation.

Et lorsque la réalité budgétaire finit toujours par s’imposer, les réveils sont difficiles. Thierry Lavit n’est pas macroniste pour rien.

Comment peut-on se vanter de ne pas augmenter les impôts quand on a hérité d’une situation financière déjà redressée et de recettes fiscales en hausse ?

À l’en croire, il prétend savoir tout faire, et même doubler les investissements, sans augmenter les impôts. Une affirmation pour le moins audacieuse.

Car s’il n’a pas augmenté les impôts, c’est parce que le redressement financier avait déjà été fait. J’ai assumé des décisions difficiles : la réévaluation de la taxe de séjour, malgré les critiques, puis en 2018 la mise en place de dispositifs comme la taxe d’habitation sur les logements vacants.

Résultat : les recettes fiscales de ce dernier mandat se sont élevées à 8,5 M€ par an, contre 7,62 M€ par an pendant le mien, soit près d’1 M€ supplémentaire chaque année. Cela laissait pourtant des marges d’action confortables.

Il s’est ainsi installé dans une situation assainie : plus de recettes, un service de la dette allégé, une trésorerie reconstituée, à un niveau inédit. Les conditions étaient favorables.

Et pourtant, en quelques années, tout a été de nouveau dépensé, l’épargne s’est effondrée et la Ville est repassée dans le rouge dès 2021.

Voilà le véritable bilan.

Un tel résultat, dans un contexte aussi favorable, n’est pas seulement une déception. Il est incompréhensible ; et donc difficilement pardonnable. »

« C’est un fait. Dans sa campagne de dénigrement permanent, le maire sortant a agité le procès en incompétence. C’est d’abord projeter sur les autres ses propres faiblesses. Mais c’est aussi, d’une certaine manière, laisser entendre qu’une femme serait forcément moins légitime, moins compétente. Je m’étonne que les Lourdaises, femmes de caractère et incarnation de cet esprit entrepreneurial qui a forgé notre ville, n’aient pas davantage perçu l’injustice de ce mauvais procès intenté à moi-même et à mon équipe – équipe dont, avec le recul, je suis profondément fière.

La mauvaise gestion, ce sont des résultats insuffisants. Les chiffres validés par la DGFIP le démontrent. Mais c’est aussi un manque de discernement : ne pas mettre l’argent là où il est nécessaire, laisser filer des recettes importantes, dilapider des marges chèrement reconquises.

Je regrette que le redressement que nous avions engagé, porteur d’espoir pour l’avenir, se soit soldé par un tel recul, maquillé en victoire. Donner l’illusion de maîtriser la situation alors que les équilibres se dégradent, c’est tromper les Lourdais.

On peut toujours klaxonner en avançant ; cela ne change rien si l’on va droit dans le mur. Et ce ne sont pas les responsables politiques qui en paient le prix, mais les habitants.

Au-delà des divergences politiques, il y a une exigence : la sincérité. À Lourdes, la mauvaise gestion est déjà grave ; la mauvaise foi l’est davantage encore.

On peut maquiller un bilan mais on ne trompe pas durablement une ville entière. Le moment venu, mon choix sera simple : la sincérité plutôt que l’illusion. »