«Le chiffre qui interpelle : Lourdes a-t-elle vraiment investi deux fois plus ?»

C’est un chiffre qui frappe immédiatement.

Sur son programme électoral, Thierry Lavit affiche en grand :

« 2x plus d’investissements que durant le mandat précédent »

Avec ces montants :

  • 2014–2020 : 22,7 millions d’euros
  • 2020–2026 : 42,8 millions d’euros

À la lecture, le message est simple : le mandat actuel aurait investi deux fois plus que le précédent.

Mais est-ce si simple ?


D’abord, une précision importante : nous nous arrêtons à 2024

Le compte administratif 2025 n’a pas encore été voté en Conseil municipal.

Tant qu’un compte n’est pas voté :

  • il n’est pas officiel,
  • il n’est pas public,
  • les habitants ne peuvent pas y accéder.

Aujourd’hui, seuls les services de la mairie connaissent les chiffres définitifs de 2025.

Il est donc impossible de les utiliser comme base de comparaison transparente.
Nous nous appuyons donc uniquement sur les données arrêtées et publiées jusqu’à 2024.

Le cœur du débat : additionne-t-on la même chose ?

Pour comprendre, il faut revenir à quelque chose de très simple.

Dans un budget communal, il y a :

  1. Les investissements réels
    → ce sont les travaux, les constructions, les équipements.
  2. Le remboursement du capital de la dette
    → c’est l’argent que la Ville doit rembourser aux banques.
    Ce n’est pas un nouveau projet. Cela ne construit rien.

Ce sont deux choses différentes.

Or, selon les éléments présentés par l’ancienne maire Josette Bourdeu, le calcul pour le mandat 2020–2026 inclurait :

  • les investissements réels

Tandis que le chiffre retenu pour 2014–2020 ne comprendrait que les investissements réels.

Pour le dire simplement :

D’un côté, on compte uniquement les travaux.
De l’autre, on compte les travaux plus les remboursements aux banques.

C’est comme comparer des choux d’un côté… et des choux plus des carottes de l’autre.

Forcément, le total n’est plus le même.

Si l’on regarde uniquement les investissements réels (les travaux concrets), les montants avancés sont :

  • Mandat 2014–2020 : 26,5 millions d’euros
  • Mandat 2020–2024 : un peu plus de 25 millions d’euros

Autrement dit :

Le mandat précédent aurait réalisé légèrement plus d’investissements réels.

Et cela sans le Plan Avenir Lourdes.

Pendant tout le mandat 2020–2026, le Plan Avenir Lourdes (PAL) a été présenté comme un programme structurant de 100 millions d’euros.

Il devait marquer une accélération majeure des investissements.

Or, si l’on se limite aux investissements réels constatés jusqu’en 2024, le total apparaît inférieur à celui du mandat précédent, qui, lui, ne disposait pas d’un plan annoncé à 100 millions d’euros.

C’est un élément qui nourrit aujourd’hui le débat.

Un chiffre affiché en grand sur un programme électoral est destiné à être lu rapidement.

Beaucoup d’habitants recevront ce document dans leur boîte aux lettres et pourront naturellement penser que la comparaison est simple et directe.

Mais lorsqu’une comparaison repose sur des bases différentes, le résultat peut donner une impression plus spectaculaire que la réalité comptable ne le suggère.

Le débat porte donc moins sur l’existence d’investissements que sur la manière dont ils sont additionnés et comparés.

Il appartient désormais à chacun d’examiner les données publiques disponibles pour se faire une opinion.

J.P.C