Argelès-Gazost : intéressante Conférence consacrée « Aux chansons françaises entre 1939 et 1944 »

Le 22 février à 18h30, au Petit Théâtre de la Gare d’Argelès-Gazost, s’est tenu une Conférence consacrée « Aux chansons françaises entre 1939 et 1944 » période marquée par la guerre et l’occupation, mêlant donc histoire et musique, en présence de la Maire-adjointe à la Culture Françoise PAULY.

Elle a été donnée par Marc Olivier BARUCH, ancien élève de Polytechnique et de l’ENA, docteur en histoire et spécialiste de l’administration française sous Vichy. Le Conférencier a commenté des diapos de tableaux historiques en relatant les différentes époques du conflit et plus particulièrement la vie des Français sous l’occupation.

En alternance d’enregistrements d’époque de chansons dans leur version originale pour illustrer ses propos, le groupe musical argelésien : Pat y Picos (guitare et accordéon) avec la participation de la chanteuse Françoise LEROUX ont interprété aussi une partie de ces chansons d’époque.

« On le sait, Français et Françaises adoptèrent des attitudes très diverses durant les longs mois de tourmente que connut la France au début des années 1940 : septembre 1939 à mai 1940 pour la guerre, juin 1940 à août 1944 pour l’occupation. Certains écoutant Pétain, choisirent d’emblée de collaborer avec l’Allemagne nazie, d’autres eurent l’extraordinaire courage, suivant DE GAULLE, de tout risquer dans la résistance, beaucoup hésitèrent, attendirent, balancèrent. Mais tous ou presque chantèrent, parce que la chanson accompagne l’activité humaine depuis toujours.« 

Quant aux chanteurs de l’époque nombreux sont ceux qui se sont accommodé plus ou moins à la situation mais certains moins nombreux ont résisté. Il en a été de même pour les chansonniers humoristes des cabarets très prisés qui eux aussi ont composé avec la situation tandis que certains ont résisté comme Pierre Dac (1893-1975) une figure de la Résistance, grâce à ses interventions sur Radio Londres.

Pour rappel les chanteurs et chanteuses de l’époque les plus connus sont par exemple : Alibert avec « Cane cane Canebière » 1940 ; Joséphine Baker avec « De temps en temps » 1939 ; Lucienne Boyer avec « Que reste-t-il de nos amours » 1944 ; Maurice Chevalier avec « Ca fait d’excellents français » 1939, « Paris sera toujours Paris » 1939 ; Lucienne Delyle avec « Sur les quais du vieux Paris » 1939 ; Marlène Dietrich avec « Lili Marlène » 1945 ; Fernandel avec « Felicie aussi » 1939, « On m’appelle simplet » 1942 ; Fréhel avec La java bleue 1939 ; Johnny Hess avec « Frou-frou » 1942 ; Mireille avec « Ah que c’est long deux nuits » 1939 ; Yves Montand avec « Dans les plaines du Far West » 1945 ; Edith Piaf avec
« Elle fréquentait la rue Pigalle » 1939, « J’ai dansé avec l’amour 1941, « C’est un monsieur très distingué » 1941, « Un coin tout bleu » 1942, « Y a pas d’printemps » 1944… ; Tino Rossi avec « Corsica bella » 1943, « Mon île d’amour 1944 ; Jean Sablon avec « Paris tu n’as pas changé » 1939 ; Henri Salvador avec « C’est la première fois 1943 ; Vincent Scotto avec « La chanson de la sierra Plana » 1941, « Si tu revois Paris » 1941 ; Charles Trenet avec « Les oiseaux de Paris 1939, « Ménilmontant » 1939, « Le soleil et la lune » 1939, « La romance de Paris » 1941, « Que reste-t-il de nos amours » 1943, « Douce France » 1944.
Les Zazous
La propagande de Vichy et la presse de la collaboration les prennent pour cible. Habillés de chic et de choc, tout de large vêtus, portant parapluie (fermé) et coiffure excentrique, les zazous jettent un vent de liberté et de fronde adolescente sur la France de l’Occupation et de la Révolution nationale.