Lundi 9 mars, Philippe Subercazes, colistier de la liste «Lourdes, un nouveau souffle» menée par Gérald Capel, accompagné de plusieurs membres de l’équipe, a tenu une Conférence de presse sur le pont Peyramale, récemment rouvert à la circulation.
Un lieu symbolique pour revenir sur un dossier qui aura connu de nombreux rebondissements ces six dernières années.
Une inauguration très mise en scène
La réouverture du pont Peyramale a été largement mise en scène par la municipalité : images du maire retirant lui-même les barrières du chantier, traversant l’ouvrage sous l’œil des caméras et communication triomphante autour de cet événement.
Pour Philippe Subercazes, cette communication contraste avec la réalité du dossier.
« On a presque assisté à une scène héroïque, comme s’il y avait quelque chose de glorieux à avoir mis six ans pour reconstruire un pont. »
Mais pour l’équipe de «Lourdes, un nouveau souffle», la question principale n’est pas l’inauguration mais le coût réel de ce dossier pour les Lourdais.
Ferrari promise, Clio livrée
En 2022, la municipalité présentait en grande pompe un projet spectaculaire : le «pont papillon», présenté comme un véritable ouvrage d’art.
Panneaux d’affichage, présentations en conseil municipal, communication municipale : tout laissait penser que Lourdes allait se doter d’un pont emblématique.
Aujourd’hui, le pont inauguré est un pont classique.
Pour Philippe Subercazes, l’image est simple :
«On avait vendu aux Lourdais une Ferrari. Et aujourd’hui on inaugure une Clio… mais en grande pompe.»


Un projet prêt à démarrer en 2020
Le dossier du pont Peyramale était pourtant déjà bien avancé lors de la précédente mandature.
La Chambre régionale des comptes indique que le projet initial était estimé à 3,2 millions d’euros.
Après négociation menée par Josette Bourdeu, les devis avaient même été renégociés à environ 2 millions d’euros, avant même l’obtention des subventions pour son financement.
Contrairement à ce qui est parfois affirmé aujourd’hui, des aides étaient déjà engagées.

Une délibération municipale mentionne notamment une participation de l’État de 280 000 euros au titre de la DSIL, destinée à financer les études.
Une promesse écrite pendant la campagne
Lors de la conférence de presse, Philippe Subercazes a également présenté un document de campagne daté de juin 2020, dans lequel Thierry Lavit écrivait noir sur blanc que, s’il était élu, il construirait le pont engagé lors du conseil municipal de mai 2020.
Pour l’équipe de Gérald Capel, ce document prouve que le projet existait bel et bien.
« Le projet était suffisamment avancé pour être cité dans un document de campagne. »


Un projet finalement abandonné
Pourtant, une fois élu, le maire décide d’arrêter ce projet.
Cette décision entraîne plusieurs conséquences :
- l’abandon des études déjà réalisées
- l’indemnisation des entreprises retenues
- plusieurs années de retard pour la reconstruction du pont
Mais le coût exact de cet arrêt n’a jamais été clairement communiqué, malgré les demandes de la Chambre régionale des comptes.

Le projet du pont papillon… puis un nouvel abandon
La municipalité lance ensuite un concours d’architectes et présente en 2022 le fameux pont papillon lors du conseil municipal du vendredi 11 février 2022.
Ce projet devait coûter environ 5 millions d’euros, avec un plan de financement où la ville ne devait supporter que 20 % du coût, soit environ 1 million d’euros, grâce aux financements :
- de l’État
- de la Région
- de l’Europe
- du Département
- de l’Agglomération
Mais lorsque les appels d’offres sont lancés, les devis des entreprises explosent, entre 7 et 9 millions d’euros.
Le projet est alors abandonné.

Une facture qui double pour les Lourdais
Selon l’équipe de Gérald Capel, l’abandon du pont papillon a eu une conséquence directe sur le financement du projet final.
Avec la recomposition du plan de financement, la part supportée par la ville est passée d’environ 20 % à près de 40 % du coût du pont finalement construit.
Autrement dit, selon Philippe Subercazes :
«L’arrêt du pont papillon a doublé la part payée par les Lourdais.»

Combien a réellement coûté ce pont ?
Aujourd’hui, la municipalité met en avant un reste à charge d’environ 1,6 million d’euros pour la ville.
Mais pour l’opposition, ce chiffre ne reflète pas le coût réel du dossier.
Car les Lourdais ont également payé :
- l’arrêt du projet engagé lors de l’ancienne mandature
- l’indemnisation des entreprises qui avaient été retenues
- les études du premier projet
- les études et le concours d’architectes du pont papillon
- les études du projet finalement retenu
- et bien sûr la construction du pont actuel
Autrement dit, selon l’équipe «Lourdes, un nouveau souffle», le coût réel du dossier dépasse largement le chiffre aujourd’hui avancé.
Les Lourdais jugeront
À quelques jours du scrutin municipal, l’équipe appelle la municipalité à faire preuve de transparence.
Il reste trois jours pour que le maire publie clairement les documents et les chiffres complets concernant le pont Peyramale.
Si tout est clair, si tout est assumé, il n’y a aucune raison de ne pas communiquer ces éléments avant vendredi.
Car il faut rappeler une chose simple :
Ce n’est pas le chéquier des élus qui est utilisé.
Ce n’est pas leur argent personnel.
C’est celui des Lourdais.
Et lorsque l’on utilise l’argent public, on doit la plus grande transparence.
Si ces chiffres ne sont pas publiés, chacun pourra en tirer ses conclusions.
Au final, ce sont les Lourdais qui jugeront.
Une circulation qui pose déjà question
Au-delà du coût du pont, la question de la circulation se pose également.
Pendant des décennies, les deux ponts (le pont Vieux et le pont Peyramale) permettaient le passage de tous les véhicules, qu’il s’agisse des voitures, des bus ou des poids lourds.
Or aujourd’hui, une décision récente de la municipalité change complètement la donne : le pont Vieux est désormais interdit aux véhicules de plus de 3,5 tonnes.
Conséquence directe : tout le flux des bus et des poids lourds devra désormais passer par le pont Peyramale, notamment dans toute la zone touristique.
Pour Philippe Subercazes, cette situation soulève plusieurs interrogations.
La première concerne le plan de circulation définitif. Celui-ci a-t-il réellement été validé ? Mettra-t-on fin à l’alternance actuelle avec, comme sens de circulation envisagé :
- boulevard de la Grotte descendant,
- rue de la Grotte montant ?
Un pont étroit pour les bus
En se rendant sur le pont Peyramale, un constat saute aux yeux : la place réservée aux mobilités douces, piétons et vélos, est très importante, plus large que l’espace dédié aux véhicules.
Or ce pont devra désormais supporter tout le trafic des bus et des poids lourds de la zone touristique.
Sur les photos de communication de la municipalité, on voit deux bus placés côte à côte au milieu du pont. Mais même dans cette configuration, l’espace entre les deux bus est très réduit : à peine une trentaine de centimètres.
Le véritable problème pourrait apparaître lors des manœuvres.
Si un bus arrive du Paradis vers la place Peyramale, tandis qu’un autre tente de sortir de la place Peyramale pour rejoindre le Paradis, les deux véhicules devront manœuvrer dans un espace très contraint.
Dans ce cas, il faudra probablement attendre que l’un des bus passe pour que l’autre puisse s’engager, ce qui risque de provoquer des ralentissements.
Des manœuvres compliquées dans le quartier Peyramale
Autre difficulté : le sens de circulation dans le quartier Peyramale.
Un bus arrivant du Paradis pour déposer ses passagers dans la zone touristique ne pourra plus repartir directement par le pont Vieux ni remonter le boulevard de la Grotte.
Il devra alors effectuer un détour par les petites rues du quartier Peyramale, notamment vers les carrières de Peyramale, pour revenir ensuite sur l’avenue Peyramale et retraverser le pont.
Lorsque la circulation est faible, cette organisation peut fonctionner.
Mais en pleine saison touristique, avec des dizaines de bus et un flux important de visiteurs, la situation pourrait rapidement devenir très compliquée.
Des ajustements à prévoir ?
Pour Philippe Subercazes, la question mérite d’être posée dès aujourd’hui.
«Lorsque l’on observe la largeur du pont, on peut se demander si des ajustements ne seront pas nécessaires pour faciliter la circulation des bus et des poids lourds.»
Selon lui, il n’est pas impossible que des travaux soient nécessaires à l’avenir pour élargir la voie de circulation, quitte à réduire une partie de l’espace dédié aux mobilités douces.
«Faire et défaire, c’est toujours travailler… mais cela aura aussi un coût.»
Un coût supplémentaire qui, là encore, serait supporté par les Lourdais.
J.P.C
