Pour sa deuxième édition, la course de la montée du pic du Jer, organisée par le 35ème Régiment d’Artillerie Parachutiste (RAP) de Tarbes, a fait le plein de participants.
Un événement intense où le dépassement de soi s’est mis au service des militaires blessés, sous le regard bienveillant des plus hautes autorités locales.
Le pic du Jer a vibré au rythme des foulées et de la cohésion. Sous une météo particulièrement clémente, près de 250 coureurs se sont élancés à l’assaut de ce sommet emblématique de la cité mariale.
À l’origine de ce projet, une idée simple partagée entre frères d’armes : «C’est parti d’un échange avec un camarade très sportif qui déplorait qu’il n’y ait plus de kilomètre vertical dans les Hautes-Pyrénées. De son idée et de la mienne d’accompagner les blessés et de faire ça à leur profit, est née cette course», explique l’organisateur de l’événement, l’adjudant-chef Benjamin Moreau, chef du bureau environnement humain au 35ème RAP.
Un fort ancrage institutionnel et local
Preuve de l’importance de cette manifestation au sein du département, la matinée du samedi a été marquée par la présence exceptionnelle du Préfet des Hautes-Pyrénées, Jean SALOMON, venu participer et afficher son soutien en famille. À ses côtés, Mme le colonel Marie DE LAZZER, chef de corps du 35ème RAP, a également incarné la réussite de cette journée. Rappelons que Mme le colonel DE LAZZER est une figure hautement symbolique au sein des forces armées, étant la première femme en France à prendre le commandement d’un régiment parachutiste.
La formule de l’événement fait sa force avec deux journées distinctes. Le vendredi 22 mai 2026 était réservé à «tous ceux qui portent l’uniforme». Militaires, gendarmes, policiers nationaux et municipaux, ou encore sapeurs-pompiers se sont mesurés au tracé dans un esprit de franche camaraderie. «Il y a une belle synergie entre nous. On se connaît tous par notre implantation sur le bassin tarbai », souligne l’adjudant-chef Benjamin MOREAU. Lors de cette première journée, le vainqueur a d’ailleurs établi un premier temps de référence impressionnant en seulement 22 minutes.
Le lendemain, le samedi matin 23 mai 2026, place au grand public. Les civils ont répondu présent en nombre pour s’associer à l’effort militaire. Une ouverture essentielle pour le régiment, qui se félicite du soutien constant de la communauté locale et de la municipalité lourdaise.
Le «KV» : un effort court mais violent
Sur le papier, le parcours peut sembler court, mais il s’avère particulièrement redoutable. Il s’agit d’un véritable Kilomètre Vertical (KV), un format de course spécifique. «Le KV, c’est un kilomètre d’ascension positive. Nous sommes ici sur un tracé de 3 kilomètres de distance, mais avec 500 mètres de dénivelé positif. C’est une course relativement courte, mais violente», précise l’organisateur.
Pour concevoir cette trace technique et exigeante dédiée à la course, le régiment a travaillé en étroite collaboration avec les vététistes locaux, notamment l’association du Grand Arbe, afin que chacun puisse s’exprimer et se faire plaisir en toute sécurité.
Courir pour reconstruire : la cause des blessés
Au-delà de l’aspect purement sportif, la véritable moelle épinière de cette manifestation reste la solidarité. L’intégralité des fonds récoltés via les inscriptions et les dossards est directement fléchée pour soutenir les militaires blessés en service, qu’il s’agisse de blessures physiques ou de syndromes post-traumatiques.
Sur la zone de départ, le public pouvait d’ailleurs découvrir une exposition de tableaux réalisés par des blessés du régiment, révélant leurs talents d’artistes. Le milieu associatif et institutionnel, incluant l’Office National des Combattants et des Victimes de Guerre (ONACVG 65) et la chaîne ASA (Assistance Sociale des Armées), occupait également le terrain pour sensibiliser les visiteurs.
«Le régiment prend totalement en charge le militaire, du début de sa blessure jusqu’à la fin, dans la continuité et dans la durée, grâce à un accompagnement permanent», rappelle Benjamin MOREAU. Face au succès grandissant de cette deuxième édition, l’avenir de la montée du pic du Jer semble déjà assuré. «Ça fleurit d’année en année. La météo est avec nous, la ville de Lourdes nous accueille toujours comme il faut et les partenaires sont présents. Il n’y a pas de raison que ça s’éteigne», conclut-il avec le sourire.





