Il y a des anniversaires qui passent inaperçus.
Celui-ci mérite pourtant d’être souligné.
Voilà un an que des barrières de chantier occupent le trottoir de la rue de Pau, au niveau de l’ancien passage à niveau n°181.
Et pas pour un simple nid-de-poule.
Derrière ces barrières se cache un véritable trou béant. En s’approchant, on aperçoit clairement le vide sous le trottoir. Une vision plutôt impressionnante, surtout dans une rue aussi fréquentée.

Car la rue de Pau n’est pas une petite impasse. C’est un axe emprunté quotidiennement par de nombreux poids lourds, des bus qui desservent notamment l’Accueil Notre-Dame. La chaussée est étroite et ces véhicules passent régulièrement au plus près de la zone sécurisée.
La mise en place des barrières était évidemment indispensable. Personne ne contestera qu’il fallait protéger les piétons. En revanche, un an plus tard, les barrières sont toujours là… et le trou aussi.
Le plus étonnant est peut-être ailleurs.
Il fut un temps où la moindre barrière installée à Lourdes faisait l’objet de publications enflammées sur les réseaux sociaux. Certains commentateurs y voyaient le symbole de tous les dysfonctionnements de la ville. On se souvient de photos, de commentaires indignés, de « Que fait la mairie ? », de « C’est inadmissible ! », de « On laisse la ville à l’abandon ! ».
Aujourd’hui ?
Silence radio.
Pas un mot. Pas une photo. Pas une indignation. Pas un commentaire sur ce trou pourtant spectaculaire et ces barrières qui viennent de souffler leur première bougie.
Comme quoi, les barrières ne semblent pas déranger tout le monde… tout dépend peut-être de qui les installe.
Demain, le Tour de France empruntera une nouvelle fois la rue de Pau. L’an dernier déjà, les coureurs étaient passés devant ces mêmes barrières. Cette année, elles seront encore là pour assister au passage de la Grande Boucle. Elles deviennent presque un élément du patrimoine local.
Au-delà de la satire, les riverains, eux, s’interrogent. Voir un tel vide sous un trottoir n’a rien d’anodin. Chacun espère naturellement que le phénomène est parfaitement localisé et que la chaussée ne présente aucun problème. Mais après douze mois, une question demeure : quand ce trou sera-t-il enfin réparé ?
En attendant la réponse, souhaitons un joyeux anniversaire aux barrières de la rue de Pau.
Souhaitons surtout qu’elles ne soient plus là pour fêter le deuxième.
PN





