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Une figure bien connue du monde artistique lourdais s’en est allée. Christophe Rielland, que tout le monde appelait affectueusement « Tito », nous a quittés ce mardi 18 août 2026, à l’âge de 94 ans. Peintre reconnu bien au-delà des Hautes-Pyrénées, amoureux de la montagne et de la Vendée, chanteur montagnard, il aimait aussi partager son expérience et sa passion de la peinture.

Christophe Rielland était né le 4 juin 1932 aux Sables-d’Olonne, en Vendée. Mais il n’avait que deux ans lorsqu’il arriva à Lourdes. C’est ici qu’il allait grandir, vivre et construire l’essentiel de son parcours.

D’abord peintre dans le bâtiment, « Tito » trouva progressivement sa véritable voie dans l’expression artistique. Il suivit une formation aux Beaux-Arts de Tarbes et de Toulouse et développa au fil des années un solide savoir-faire, issu de la tradition post-romantique.

Entre les Pyrénées et la Vendée

Pour comprendre la peinture de Christophe Rielland, il faut sans doute regarder les deux territoires qui ont marqué sa vie.

Il y avait d’abord les Pyrénées, leurs sommets, leurs reliefs, leurs couleurs et leurs lumières. Les paysages de haute montagne occupent une place importante dans son œuvre.

Et puis il y avait la Vendée, sa terre natale, où il aimait retourner durant les vacances d’été. À la montagne répondaient alors, sur ses toiles, les ports et les paysages de la côte vendéenne.

« Tito » peignait également des natures mortes et de magnifiques bouquets de fleurs, autre facette particulièrement appréciée de son travail.

Mais sa carrière dépassa très largement les frontières de Lourdes et des Hautes-Pyrénées. Christophe Rielland participa à de nombreux salons et expositions collectives, où son travail lui valut de nombreux prix et distinctions.

À une époque, ses tableaux étaient exposés et vendus dans une douzaine de galeries à travers la France, notamment de Toulouse à Nantes. Une reconnaissance importante pour cet artiste que les Lourdais continuaient pourtant à appeler, tout simplement, « Tito ».

Son parcours le conduisit également à Paris. Au Carré d’Or, sa signature figure dans le livre des autographes de l’établissement, aux côtés de celles de personnalités de l’époque, parmi lesquelles Michèle Morgan et Tony Curtis.

La reconnaissance du monde artistique se traduisit aussi par son inscription au Bénézit, dictionnaire international de référence des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs. Christophe Rielland était également sociétaire de la Maison des Artistes Français.

Le plaisir de partager et de conseiller

Malgré cette reconnaissance, « Tito » savait aussi rester proche des peintres amateurs.

À Lourdes, il participa à la vie de l’association Courbes et Couleurs, où il aimait partager son expérience et donner ses conseils. Sans se poser en professeur, il apportait son regard, sa technique et ce savoir-faire acquis au cours d’une vie passée à peindre.

Une manière simple et généreuse de transmettre à d’autres cette passion qui l’avait accompagné pendant tant d’années.

« Tito », c’était aussi une voix

Car il serait impossible d’évoquer Christophe Rielland sans parler d’une autre grande passion de sa vie : le chant.

Durant de longues années, il fut l’un des piliers des Chanteurs Montagnards de Lourdes.

La peinture et le chant auront ainsi accompagné son existence. Deux façons différentes d’exprimer cet attachement profond aux Pyrénées et à leur culture.

Pour beaucoup de Lourdais, « Tito », c’était donc à la fois le peintre, l’homme que l’on croisait dans la ville et cette voix que l’on retrouvait parmi celles des Chanteurs Montagnards.

Un livre pour découvrir l’homme derrière le peintre

Au moment de sa disparition, une pensée toute particulière va également à Philippe Irigoyen-Iparrea, qui s’est beaucoup occupé de Christophe Rielland et a contribué à faire connaître et à préserver la mémoire de l’artiste.

Il lui avait consacré en 2017 un ouvrage au titre particulièrement évocateur : « Confidences de Christophe, dit “Tito” Rielland, peintre connu et reconnu ».

Un livre qui permet d’aller bien au-delà des tableaux et de découvrir toute une vie : sa jeunesse, les Chanteurs Montagnards, son passage par l’armée et la guerre d’Algérie, sa vie professionnelle, les Beaux-Arts, sa carrière de peintre, mais également l’homme derrière l’artiste.

Aujourd’hui, cet ouvrage prend forcément une dimension particulière.

À ceux qui ont connu « Tito », il permettra de retrouver des souvenirs. Et à ceux, notamment parmi les nouvelles générations de Lourdais, qui n’ont pas eu la chance de le connaître, nous ne pouvons que conseiller sa lecture. C’est certainement l’une des plus belles façons de partir aujourd’hui à la rencontre de Christophe Rielland.

Lourdes se souviendra de « Tito »

À 94 ans, Christophe Rielland emporte avec lui une partie de cette génération de Lourdais qui aura accompagné la vie de la cité pendant plusieurs décennies.

Mais un peintre laisse derrière lui quelque chose de particulier.

Il reste ses Pyrénées et leurs sommets. Il reste les ports de sa Vendée natale. Il reste ses bouquets de fleurs et ses natures mortes. Il reste surtout ses tableaux, aujourd’hui accrochés aux murs de nombreuses maisons.

Il reste aussi les souvenirs de ceux auxquels il prodiguait ses conseils à Courbes et Couleurs, ceux de ses compagnons des Chanteurs Montagnards, de ses amis et de tous ceux qui ont croisé sa route.

Et derrière Christophe Rielland, l’artiste reconnu et référencé, restera surtout pour beaucoup de Lourdais « Tito », ce surnom familier qui disait à lui seul toute la proximité de l’homme avec sa ville.

Les pinceaux se sont posés, la voix s’est tue, mais les œuvres et le souvenir de « Tito » resteront longtemps dans la mémoire lourdaise.

Les obsèques de Christophe Rielland seront célébrées ce jeudi 20 août 2026 à 9 h 30, en l’église du Sacré-Cœur de Lourdes.

Lourdes Actu adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches, ainsi qu’à tous ceux qui l’ont accompagné au fil des années, avec une pensée toute particulière pour Philippe Irigoyen-Iparrea, qui aura été très présent à ses côtés et qui, à travers son livre, a contribué à transmettre l’histoire et la mémoire de « Tito ».

PN

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