Fidèles à une tradition bien ancrée depuis neuf ans, une petite trentaine de philosophes chrétiens se sont retrouvés en séminaire dans les locaux de l’AJRVS d’Arcizans-Dessus, pour réfléchir autour du thème : «Le silence et la parole…»
«Quand on pense qu’il y a des élèves pour qui se taper une heure de cours, cela tient de la gageure… Alors, que dire de ces cinq jours d’affilée ?» sourit l’un des organisateurs.
Et Arnaud LALANNE, intervenant à l’université Bordeaux-Montaigne, de s’interroger : «Faut-il mieux se taire, ou faut-il mieux parler ? Ces deux fonctions sont-elles complémentaires ou contradictoires ? Qu’est-ce que des gens comme Spinoza, Leibnitz, Sartre, Lévinas et les autres ont à nous dire sur le langage ? […]
Autant de questions essentielles sur lesquelles pendant près d’une semaine, nous nous sommes penchés : une bonne entrée en matière pour préparer la rentrée de septembre, non ?»

Arnaud LALANNE (à gauche) professeur de philosophie, aux côtés de Christian LOUBÈRE, professeur de philosophie au lycée climatique d’Argelès-Gazost, animateur de cafés-philo mensuels à Tarbes et à Lourdes.
Fort heureusement, les conférences étaient entrecoupées de moments de détente au cours desquels nombre de professeurs agrégés ont su sortir de leur «cuisine intello», pour faire preuve de talents culinaires inattendus : salades rafraîchissantes à base de haddock et de riz, terrines de pâté artisanal ad hoc, platées de pâtes roboratives au porc noir, plateaux de fromages des Pyrénées – directement du producteur au consommateur, s’il vous plaît – et autres clafoutis bien ragoûtants : «Histoire de se donner du cœur à l’ouvrage !»


Il y eut aussi – mais surtout ! – quelques moments de recueillement intenses, telle cette saynète interprétée par une troupe improvisée, dirigée par la comédienne de théâtre sacré Jeanne MONTAIGU (Lourdes), retraçant la vie du père Pascal VERGEZ (Aucun), mort martyr en camp de concentration. La pièce, jouée dans le parc du château du prince Noir (Arcizans-Avant) devant une centaine de personnes, aura été l’occasion pour Michel DAVEZIES (Saint-Lézer) – neveu du prêtre béatifié le 13 décembre 2025 -, d’exprimer toute son émotion, sa reconnaissance et sa sympathie.

Une saynète a rappelé les temps forts de la vie du père Pascal VERGEZ, qui fut professeur à Saint-Pé de Bigorre. (photo des comédiens, à droite de la photo la comédienne lourdaise Jeanne MONTAIGU)
S’en est suivie une messe en plein air, célébrée devant la statue de la Vierge veillant sur la vallée, par le disert évêque émérite de Blois, Mgr Maurice LE BEGUEDE GERMINY (Saint-Maurice du Désert)… Sans oublier la messe du lendemain à Notre-Dame de Poueylaün (Arrens-Marsous), présidée par un ancien chapelain du sanctuaire de Lourdes, de retour vers son diocèse originel de Nîmes.

S’en est suivie une messe célébrée par Mgr Maurice de Germiny, en présence d’une centaine de fidèles…


… et une autre, le lendemain, au sanctuaire de Notre Dame de Poueylaün.

Michel DAVEZIES a rendu un témoignage émouvant sur son oncle martyr, avant de remercier les protagonistes de sa béatification.

Après avoir traité de sujets aussi divers que «Le jeu» (2022), «La croyance» (2023) ou «L’enfance» (2024), de quoi nos philosophes pourraient-ils parler lors de leur prochain colloque, en 2027 ?
«J’aimerais réfléchir au sens du verbe « Raconter », sourit Gabriel GERMON, avant de reprendre le volant pour Saint-André de Cubzac. Après le dire, il ne faut rien s’inter-dire, mais surtout n’en parlez pas : il s’agit d’un sujet tellement littéraire, que j’aurais bien trop peur de me faire lyncher !»

Gabriel GERMON, dans un geste de protection instinctif : «Racontez, racontez, il en restera toujours quelque chose… Même en philo !»
© Texte & photos : L.C.