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« Mesdames et Messieurs, Chers collègues,

Parmi les sujets à l’ordre du jour de notre session, il y en a un qui raisonne particulièrement avec l’actualité brûlante des revendications du mouvement national lycéen, et que je voudrais évoquer d’emblée. Il s’agit de la dotation de fonctionnement des collèges publics.

Nous allons, en effet, procéder aujourd’hui au vote d’une dotation de 1,78 million d’euros pour les 20 collèges publics des Hautes-Pyrénées.Ce n’est pas une décision d’opportunité ou de réaction, elle s’inscrit dans le calendrier normal pour doter les collèges des moyens de fonctionner en 2027.

A cette dotation de fonctionnement, s’ajoutent les travaux d’investissements sur lesquels vous le savez, je suis particulièrement attentif, pour ne pas dire volontaire.

En 2026, nous aurons réalisé 7,1 millions de travaux dans les collèges.

Ce montant s’inscrit dans un programme pluriannuel 2025-2028 de 30 millions d’euros de travaux dédiés à ces établissements, pour que les conditions matérielles d’enseignement et d’apprentissage, qui sont au cœur des revendications des lycéens, soient, dans les collèges des Hautes-Pyrénées, les meilleures possibles, pour les jeunes et leurs enseignants.

Depuis plus de 10 ans, nous sommes engagés dans un chantier de rénovation constante de nos collèges. Des travaux de réhabilitation, d’extension, d’acoustique portant sur les salles de classe, les gymnases, les préaux, les réfectoires. Un effort important a été réalisé également sur la qualité des repas, par l’investissement dans du matériel performant mais aussi par le développement de circuits courts et un approvisionnement en produits frais et locaux, car, comme le disait le professeur d’Histoire et Géographie, François Fortassin : « un élève bien nourri, c’est déjà la moitié du travail pédagogique accompli ! »

Mais l’effort le plus conséquent a sans doute porté sur les rénovations énergétiques, avec une stratégie pertinente qui mixe :

  • D’une part, un effort de sobriété pour consommer moins, avec notamment des travaux d’isolation thermique des bâtiments, qui apportent en outre une amélioration esthétique,
  • Et d’autre part, la production locale d’énergie renouvelable, avec notamment l’installation de panneaux solaires ou de chaufferies en géothermie et biomasse.
  • 8 collèges sont équipés en panneaux solaire : Lourdes, Séméac, Loures Barousse, Pyrénées, Paul Éluard, Voltaire et Victor Hugo à Tarbes, et dernièrement Tournay.
  • Le collège de Lannemezan est en cours d’équipement.
  • 2 collèges sont en projet : Arreau et Saint-Laurent de Neste.
  • 4 collèges sont également chauffés en géothermie sur nappe : Desaix, Victor Hugo, Massey et Paul Éluard à Tarbes.
  • Et la Cité scolaire de la Serre de Sarsan à Lourdes est en cours d’équipement, en partenariat avec la région, d’une chaudière en biomasse qui viendra remplacer 7 chaudières à gaz.

A ces actions, s’ajoute également, aujourd’hui, un vaste programme de végétalisation des cours de collèges. Bagnères, Luz et Pierrefitte ont déjà été végétalisés et notre objectif est de poursuivre la démarche dans les autres collèges publics.

Toutes ces actions menées permettent

  • D’améliorer le confort et le bien-être des collégiens et de tous les personnels (enseignants, administratifs et techniques)
  • Mais également de faire baisser la facture des frais de fonctionnement des collèges qui pèse sur le Département.

Et on n’a attendu

  • Ni la succession de canicules de l’été 2026,
  • Ni les crises géopolitiques qui entraînent une explosion du prix des énergies fossiles, même si ces événements nous donnent, aujourd’hui, tragiquement raison.

Cela fait plus de 10 ans, en effet, que nous sommes engagés dans cette stratégie de rénovation énergétique construite sur 2 piliers :

  • Sobriété
  • Et production d’énergie renouvelable par la valorisation des ressources locales.

Cette stratégie dépasse le seul cadre des collèges et porte sur tous les bâtiments administratifs du Département. Elle nous permet de devancer, ainsi, aujourd’hui, les exigences du décret tertiaire entré en application fin 2019 et qui fait obligation aux bâtiments du secteur tertiaire de réduire leur consommation énergétique de 40% à l’horizon 2030, 50% en 2040, et 60% en 2050, par rapport à 2010. A ce jour, nous avons déjà atteint les obligations fixées pour 2040, et nous poursuivons l’effort.

Le Conseil Départemental ne se paye pas de mots sur la lutte contre le réchauffement climatique.

D’ailleurs, la lucidité, et l’honnêteté aussi, m’obligent à vous dire que notre action ne va pas solutionner la dérive climatique, ni empêcher que se renouvellent dans l’avenir les canicules de l’été passé. Car malheureusement, il ne revient pas aux habitants des Hautes-Pyrénées, de contrôler leur propre climat en baissant leurs propres émissions. Nous ne sommes qu’une petite particule dans un univers de gaz à effet de serre.

Non, on ne se drape pas dans des postures idéologiques. Mais on agit, sur ce sujet comme sur d’autres, avec pragmatisme et bienveillance, et on déploie des programmes concrets et efficaces qui font du bien autant au portefeuille qu’au confort des usagers et à la planète.

On ne peut pas prétendre tout faire tout seul, mais on n’est pas non plus impuissants, on a des leviers, on en fait bon usage, et ce faisant, on donne, je crois, modestement, le bon exemple.

Sans allonger trop longuement ce propos, je me permets également de rappeler que l’engagement du Département dans la transition énergétique ne se limite pas à ses interventions sur les bâtiments administratifs et les collèges.

Je citerais notamment notre participation à la SEM HaPy Energies qui permet d’investir massivement dans des projets de production d’énergies renouvelables. C’est d’ailleurs cette même SEM HaPy Energies qui interviendra sur la chaudière en biomasse de Lourdes. Et je rappellerais enfin, que grâce à notre production hydroélectrique, les Hautes-Pyrénées se classent parmi les principaux producteurs français d’énergie verte.

Sans transition et pour en revenir à notre ordre du jour, la deuxième décision modificative du budget 2026, se fera comme la première, c’est-à-dire à la marge, et elle ne modifiera pas la trajectoire fixée en mars.

L’évolution plus rapide que prévu, de la prestation de compensation du handicap nous oblige à prévoir des moyens supplémentaires à hauteur de 1,3 million d’euros.

Mais ces dépenses supplémentaires seront couvertes, sans difficulté, grâce à une renégociation du PPP Haut Débit qui nous permet de dégager une économie de 2,2 millions d’euros cette année et les 5 prochaines années. Ce qui représentera une économie totale de plus 14 millions d’euros de fonctionnement.

Je souhaite remercier Éric Jammaron, Président du groupe Axione, pour sa collaboration constructive dans cette renégociation.

Je remercie également notre collègue Nicolas Datas-Tapie, pour son engagement dans cette démarche, en sa qualité de Président de la Régie Haut Débit. Il nous présentera tout à l’heure la création de l’Agence Départementale du Numérique, qui fait suite à cette renégociation, et le service qu’elle apportera aux communes et intercommunalités.

Sans plus attendre, je vous propose de passer à l’examen des dossiers et je vous remercie pour votre attention. »

Michel PÉLIEU, Président du Département des Hautes-Pyrénées

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