Communiqué de presse du collectif 65 « Les Soulèvements de la Terre » pour la Journée mondiale de l’eau

Communiqué de presse du collectif 65 « Les Soulèvements de la Terre » pour la Journée mondiale de l’eau du 22 mars intitulé : L’eau, un bien commun, à préserver équitablement !

« Ce vendredi 22 mars est la journée mondiale de l’eau.
À cette occasion, les Soulèvements de la terre des Haute-Pyrénées réaffirment que l’accès universel à l’eau et à son assainissement est le grand défi de l’Humanité.
En effet, avec l’air, il n’existe pas d’élément naturel plus nécessaire à Toute Vie.
Sans eau, il n’y a pas d’êtres humains, pas d’écosystème, pas d’économie, pas de développement soutenable, pas de société.

C’est d’abord une question écologique.
L’eau douce utilisable représente moins de 1 % du volume total d’eau terrestre.
Or, celle-ci est menacée. Le réchauffement climatique va accentuer les pénuries d’eau dans un avenir très proche. Le cycle de l’eau est déjà très perturbé. Des phases de grande sécheresse puis d’intenses précipitations s’enchaînent et se superposent. Leurs conséquences sont dévastatrices.
La rareté de l’eau devrait remettre en cause notre modèle économique, prédateur, extractiviste, productiviste et grand gaspilleur d’eau. La sobriété et la définition des besoins humains en eau devraient être la priorité de nos décideurs pour préserver cet élément vital aux Vivants.

C’est aussi une question sociale.
Le droit à l’eau et à un assainissement de qualité a été reconnu le 28 juillet 2010 comme «un droit fondamental essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’Homme» par l’ONU.
Pourtant, le droit à l’eau est bafoué. La raréfaction et l’altération de la qualité de l’eau aggravent les inégalités d’accès. Les plus pauvres en sont les premières victimes. Cela d’abord à l’échelle mondiale : dans bien des pays du Sud, les populations les plus démunies sont victimes du manque d’eau.
Dernièrement, L’ONU annonce que 2 milliards de citoyen.ne.s dans le monde n’ont pas accés à de l’eau potable et 3 milliards n’ont pas de réseau d’assainissement.
Ainsi, en 2021 dans notre pays, deux millions de personnes sont dans de grandes difficultés pour payer leurs factures et conserver l’accès à une eau salubre et propre (Mayotte, Guadeloupe, par exemple).
Quatre cent mille personnes n’ont même pas l’eau courante chez elles. Ce n’est plus acceptable.

C’est une question économique.
En France aussi, les multinationales font déjà main basse sur cette ressource précieuse. Trop souvent, l’agriculture intensive (projet des mégabassines à Sainte-Soline), l’extractivisme aveugle et la grande industrie gaspillent et polluent l’eau.
La gestion privée de l’eau est un marché juteux et opaque : la facture d’eau est 10 à 25 % plus chère quand elle est gérée par les multinationales.
Quand certain.e.s usager(e)s de l’eau n’ont plus une quantité suffisante pour subvenir à leurs besoins élémentaires du quotidien, les multinationales Nestlé et Danone continuent d’exporter l’eau pompée dans les nappes en bouteilles plastiques.
En France aussi, la guerre de l’eau a commencé : elle devient rare et convoitée.

Nos vies valent plus que leurs profits.
Le projet d’accaparement de l’eau à Sainte-Soline illustre bien cette course à servir les intérêts économiques d’une minorité qui défend un système capitaliste à bout de souffle.
Le scandale de l’eau en bouteille révélé par le Monde et Radio France Investigation, en est aussi la preuve.
Cette tromperie commerciale a éclaté dernièrement dans lequel Nestlé Waters embouteillait de l’eau décontaminée par des systèmes de purification, enfreignant la loi et le code du commerce.

Ce vendredi 22 mars étant la journée mondiale de l’eau et la veille la journée internationale des forêts, la nécessité de préserver le Vivant commence donc par changer radicalement de modèle économique !
Les arbres et les haies canalisent, retiennent l’eau et fortifient les écosystèmes, enrichissent la biodiversité.
L’artificialisation des sols doit être stoppée partout où des projets inutiles (A69, mégabassines, photovoltaïsme sur terres agricoles) poussent au détriment de l’eau et du vivant.
La bétonisation et la stérilisation des sols par le bitume doivent cesser impérativement pour éviter cette déperdition pour les nappes phréatiques.

Oui, pour les Soulèvements de la Terre des Hautes-Pyrénées, l’eau est un bien commun, à préserver de façon équitable pour l’intérêt de toutes et tous. Nous devons redéfinir notre mode de production, de mobilité, de consommation en changeant de cap.
Nous appelons les citoyen.ne.s à se mobiliser sur ce sujet crucial par tout mode d’action pour défendre ce bien commun et vital.

Ce vendredi 22 mars, nous avons mené une action dans trois grandes surfaces du 65 pour dénoncer le scandale sanitaire et commercial sur certaines marques, pour sensibiliser les consommatreurs et consommatrices à la question de la rareté de l’eau et pour affirmer que l’eau ne doit pas être une marchandise mais un bien commun à préserver.
Des auto-collants ont été mis «l’eau en bouteille 100 fois plus chère qu’au robinet», «l’eau en bouteille assèche les sources», «Eau = source de vie, pas de profits ».
Une chorale a chanté la chanson d’Henri Salvador «les voleurs d’eau».

Il faut savoir que pour fabriquer une bouteille en plastique de 1 litre, en plus du pétrole, il faut au moins 2 litres d’eau : chercher l’absurdité de cette production sachant que l’eau se raréfie !

L’eau est bien commun et non une marchandise, elle est à préserver pour l’intérêt général.

Que l’eau sorte de la sphère marchande ! »

Salutations militantes
Pour les SDLT 65
Olivier Ducros