Pendant des années, le foyer Myriam à Lourdes a été un lieu essentiel pour de nombreuses personnes âgées de la ville. Du lundi au vendredi, on s’y retrouvait pour partager le déjeuner. Mais au-delà du repas, c’était surtout un moment de lien social : on discutait, on échangeait des nouvelles, on parlait de la famille, des petits-enfants, de la santé ou simplement de la vie quotidienne.
Pour beaucoup de Lourdais âgés et parfois isolés, ces repas représentaient bien plus qu’un service : un rendez-vous humain, une façon de rompre la solitude. Dans une ville comme Lourdes, ce lieu constituait un véritable trésor social.
Un bâtiment confié à la ville pour préserver ce lieu de vie
Le bâtiment du foyer Myriam appartenait à une association. Conscient que des travaux importants étaient nécessaires, celui-ci avait été cédé à la ville de Lourdes pour l’euro symbolique. L’objectif était clair : permettre à la collectivité de rénover le lieu et de pérenniser cette activité sociale.
La municipalité de l’époque avait confié le projet au CCAS, avec des travaux prévus : rénovation, amélioration énergétique et mise en accessibilité. Le projet devait permettre de moderniser le lieu tout en conservant sa vocation.
Le Covid, véritable point d’arrêt
En mars 2020, comme partout en France, la pandémie de Covid-19 et le confinement ont brutalement interrompu ces repas collectifs.
Les tables du foyer Myriam se sont arrêtées le jour du confinement national, pour des raisons sanitaires évidentes. À ce moment-là, la maire de Lourdes était encore Josette Bourdeu.
C’est ce fait que certains tentent aujourd’hui de présenter comme une décision municipale. Mais les faits sont têtus : ce n’est pas une décision politique locale qui a arrêté les repas, c’est le confinement national imposé à tout le pays.
Après le Covid : un choix politique assumé
Après les élections municipales de 2020 et le changement de majorité, la question s’est posée : allait-on rouvrir ces repas partagés ?
La réponse est claire : non.
Les travaux de réhabilitation prévus n’ont pas été relancés et les repas collectifs n’ont jamais repris. Le dispositif a été transformé en portage de repas à domicile.
Un service utile, certes, mais qui ne correspondait pas à l’esprit du foyer Myriam. Les usagers ne venaient pas seulement pour manger. Ils venaient pour être ensemble.
Car la plus grande pauvreté, pour beaucoup de personnes âgées, ce n’est pas l’absence de repas : c’est la solitude.
Quand la communication réécrit l’histoire
Ces derniers jours, le maire de Lourdes a affirmé sur une radio régionale que la fermeture du foyer Myriam remontait à la précédente municipalité.
Sur le plan strictement chronologique, il est vrai que l’arrêt des repas a eu lieu pendant le mandat de Josette Bourdeu. Mais la raison est connue de tous : le confinement du Covid-19.
La question n’est donc pas celle-là.
La vraie question est simple : pourquoi ces repas n’ont-ils jamais été rétablis depuis 2020 ?
Car depuis six ans, la municipalité actuelle a eu tout le temps de le faire. Et elle ne l’a pas fait.
Un bâtiment finalement revendu
Plus surprenant encore : ce bâtiment, transmis à la ville pour l’euro symbolique afin de préserver ce lieu social, a finalement été revendu à l’Office public de l’habitat pour plus de 150 000 euros.
Un choix qui interroge, notamment pour ceux qui espéraient voir renaître ce lieu de convivialité.
Les faits, tout simplement
Au fond, la situation tient en quelques faits simples :
- Les repas du foyer Myriam se sont arrêtés le jour du confinement Covid en 2020.
- Depuis le changement de municipalité, ils n’ont jamais été rétablis.
- Le projet de rénovation a été abandonné.
- Et le bâtiment a finalement été vendu.
Dans un débat politique, chacun peut défendre sa vision. Mais les faits, eux, restent les faits.

J.P.C
