Le CIDFF 65 de Tarbes, dirigé par Marie-José Assié, a renouvelé son partenariat avec la Compagnie Rouge/Esope de Lourdes cette année encore.
Durant la semaine du 13 avril, six femmes qui ont été suivies de près ou de loin par le CIDFF et qui ont subi des violences conjugales ont pu participer à un stage de théâtre. Cela a eu lieu tous les matins pendant une semaine, au Petit Théâtre Maurice Sarrazin à Tarbes.
Comme l’année dernière, ce stage a été pensé et mené par Laure Rossi, comédienne et metteuse en scène, qui dirige la Compagnie Rouge/ Esope, basée à Lourdes et qui travaille entre l’Occitanie et Lyon. La Compagnie a une branche professionnelle (Rouge) et une amatrice (Esope). Elle crée des spectacles et mène des actions culturelles auprès de divers publics (écoles, EHPAD, CIDFF)…
Les six femmes qui ont accepté de participer à cette aventure ont traversé brillamment cette semaine. Une discussion, avant-tout : qu’attendez-vous de cette semaine ? De quoi voulez-vous parler sur scène ? Êtes-vous d’accord pour dire ceci, faire cela ? Toutes avaient envie de traiter ce sujet qui les réunissait et qui leur apparaissait comme une nécessité : les violences conjugales.
Au moment d’entrer dans le travail : la peur, la fermeture, l’angoisse, les larmes. La fiction les protégeait, aucun élément biographique n’était attendu de leur part, mais les textes et les exercices leur tendaient un miroir. Cependant quelque chose s’accrochait : «Non, on ne coupe pas ça. On doit parler de ça. Ça va aller.»…
Avec de l’écoute et de la joie à travailler, dans la semaine, les corps se sont détendus, les voix sont devenues amples, les liens-chaînes se sont défaits, les liens-tendres sont nés, les visages se sont ouverts. La forme imaginée par Laure ouvrait sur une deuxième partie plus lumineuse, sorore, collective…
Levendredi après-midi, une restitution était prévue devant un public de proches, assez nombreux tout de même. Ces six femmes qu in’avaient jamais posé les pieds sur un plateau ont joué 40 minutes, devant un public. Tout cela, en cinq matinées. Cinq matinées qui ont paru être un battement de cils tant c’était court pour construire tout cela, et une éternité tant l’aventure était dense humainement. La plupart n’y croyaient pas le premier jour. Elles repartent les yeux brillants et le cœur fier. Le théâtre n’aura pas tout sauvé, mais il aura semé des graines sur des terres qui se croyaient oubliées. »
Laure Rossi


