Les Pyrénées perdent 3 jours de gel et gagnent 4,9 jours d’été par décennie

Partenaire du programme européen Life Pyrénées4clima, le Parc national diffuse les résultats d’une étude transfrontalière menée par le Meteocat.

Le programme Life-SIP Pyrénées 4 clima marque le point de départ la première stratégie européenne sur le changement climatique. Dirigé par les sept territoires pyrénéens, impliquant des régions de trois États différents, il est résolument tourné vers l’innovation et la coopération pour développer des solutions durables aux défis climatiques auxquels les Pyrénées sont confrontées.

Plus d’infos : https://www.pyrenees-parcnational.fr/fr/pyrenees4clima

Communiqué du Parc National des Pyrénées : « Les Pyrénées perdent 3 jours de gel et gagnent 4,9 jours d’été par décennie
● Une étude transfrontalière menée par le Meteocat dans le cadre du projet européen LIFE Pyrenees4Clima constate moins de gelées, moins de vagues de froid et davantage de jours d’été sur l’ensemble de la chaîne.
● La température moyenne annuelle a augmenté de 1,9 °C depuis 1959, et jusqu’à 2,7 °C en été, avec une hausse constante du nombre de nuits tropicales.
● La quantité de poussière saharienne et de suie dans l’atmosphère des Pyrénées augmente également, en particulier après l’épisode d’incendies survenu en Castille-et-León et en Galice l’été dernier.

16 avril 2026

Une étude menée par le Servei Meteorològic de Catalunya (METEOCAT), en collaboration avec différentes entités, et liée au projet LIFE Pyrenees4Clima, analyse les Pyrénées dans une perspective transfrontalière et confirme que la température de l’air continue d’augmenter au fil des années. Concrètement, la région a perdu trois jours de gel par
décennie (température minimale inférieure à 0 °C) et a gagné 4,9 jours d’été par décennie (jours dont la température maximale dépasse 25 °C). Cela signifie que les Pyrénées comptent aujourd’hui 20 jours de gel de moins qu’en 1959 et 32 jours d’été de plus sur la même période. De même, la durée des vagues de chaleur (jours consécutifs avec une température maximale extrêmement élevée) augmente, tandis que la durée des vagues de froid (jours consécutifs avec une température minimale extrêmement basse) diminue. «Nous actualisons et analysons chaque année des indicateurs climatiques précis, ce qui dessine une nette tendance vers un climat pyrénéen plus chaud dans son ensemble et, sur son versant sud, plus sec», déclare Jordi Cunillera, responsable de l’équipe changement climatique du Meteocat.

Par ailleurs, cette hausse de la température de l’air a également entraîné une augmentation de la température de l’eau des lacs pyrénéens. Par exemple, dans l’Ibón de Marboré (Pyrénées aragonaises), la température de l’eau de surface (jusqu’à 5 m de profondeur) a augmenté de presque un demi-degré au cours des dix dernières années. «Nous sommes confrontés à une augmentation des vagues de chaleur lacustres et à une réduction de la période durant laquelle les lacs sont recouverts de glace, avec des changements dans la colonne d’eau qui peuvent provoquer des épisodes d’anoxie, comme cela s’est déjà produit à Marboré pendant l’hiver 2023-2024, une situation qui altère gravement les écosystèmes», explique Blas Valero, chercheur à l’IPE-CSIC, qui a participé à l’analyse.

Suie des incendies
L’étude analyse également l’évolution des aérosols et révèle que la présence de poussière saharienne et de suie issue des incendies est en augmentation. Les mesures, effectuées sur le site expérimental de l’AEMET à Formigal-Sarrios, ont enregistré en 2025 un pic de dépôts de suie supérieur à 5 000 ng/m³, associé aux méga-incendies de Castille-et-León et de Galice de l’été dernier. Ces données mettent en évidence la capacité des particules à parcourir de très longues distances puis à se déposer dans les Pyrénées, et montrent aussi qu’elles avaient déjà été détectées les années précédentes à la suite des incendies au Canada.
«Les valeurs obtenues reflètent l’impact croissant des incendies de forêt et du transport atmosphérique des polluants », indique Jorge Pey, également chercheur à l’IPE-CSIC. Quant à la poussière saharienne, elle atteint les Pyrénées tout au long de l’année, avec des épisodes ponctuels pouvant aller jusqu’à 20 g/m² de dépôt. Bien qu’en petites quantités elle fertilise les écosystèmes terrestres et aquatiques, elle est néfaste pour la durée de la neige et de la glace en montagne, car elle modifie l’albédo des surfaces enneigées et glacées, provoquant l’absorption de l’énergie au lieu de sa réflexion.

Analyse annuelle
Cette étude est présentée sous forme de bulletin et consiste en une analyse des principaux indicateurs climatiques des Pyrénées afin d’évaluer leur évolution. Les résultats sont publiés chaque année dans le Bulletin des indicateurs du changement climatique des Pyrénées (BICCPIR). Cette compilation et cette analyse font partie des informations clés servant d’appui au processus d’adaptation dans les Pyrénées, qui comprend également des expériences menées dans les Pyrénées catalanes dans le cadre du projet LIFE Pyrenees4Clima. Ce projet est coordonné par l’Observatoire pyrénéen du changement climatique (OPCC), une initiative transfrontalière de la Communauté de travail des Pyrénées (CTP). En ce qui concerne les données, elles reposent sur l’analyse de 12 séries de
température et de 26 séries de précipitations, réparties sur l’ensemble de la chaîne et représentatives du climat de tout le massif. Toutes les séries couvrent la période 1959-2024 et la période de référence utilisée pour le calcul des anomalies est 1961-1990, sauf dans le cas des études portant sur la neige, qui s’appuient sur des séries plus récentes.

Le contenu et la mise en page du bulletin BICCPIR ont été élaborés par le Servei Meteorològic de Catalunya (Meteocat), qui est partenaire du projet LIFE Pyrenees4Cl et responsable du groupe de travail CLIMA, avec la contribution de données fournies par Météo-France, le Servei Meteorològic d’Andorra, l’AEMET, l’IPE-CSIC, l’Agence basque de météorologie (Euskalmet) et le Meteocat lui-même. »

Pilar Estopiñá
p.estopina@ctp.org